Crise de succession à Ijebuland : le gouvernement de l'État d'Ogun s'oppose aux chefs traditionnels

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 8 lectures
Crise de succession à Ijebuland : le gouvernement de l'État d'Ogun s'oppose aux chefs traditionnels

Une vive controverse oppose le gouvernement de l'État d'Ogun aux autorités traditionnelles d'Ijebuland concernant la gestion administrative de la chefferie, laissée vacante depuis le décès de l'Awujale, Oba Sikiru Adetona, en juillet 2025. Alors que les chefs traditionnels ont annoncé la dissolution du Conseil administratif d'interrègne (AIAC) au profit d'une nouvelle structure baptisée « Adele Oba Awujale in Council », le gouvernement maintient la légalité exclusive de l'AIAC.

Un bras de fer sur la légitimité institutionnelle

Le gouvernement de l'État d'Ogun, par la voix du commissaire aux affaires locales et à la chefferie, Ganiyu Hamzat, a réaffirmé que l'AIAC demeure l'unique organe habilité à gérer les affaires d'Ijebuland durant la période de transition. Les autorités rejettent catégoriquement la création de l'« Adele Oba Awujale in Council », arguant qu'aucune disposition de la loi sur les Obas et les chefs de 2021 ne reconnaît une telle entité. Pour le gouvernement, cette nouvelle structure manque de fondement juridique et ne peut se prévaloir d'une autorité administrative.

Le poids d'une décision judiciaire

Pour asseoir sa position, l'exécutif s'appuie sur un jugement de la Haute Cour de l'État d'Ogun (dossier HCJ/180/2025). Ce texte juridique, auquel les membres du conseil avaient consenti, confirme la validité de l'AIAC et stipule que, en cas de conflit entre les fonctions administratives de ce conseil et les prérogatives traditionnelles, l'autorité de l'organe administratif prévaut. Le gouvernement a d'ailleurs procédé à la reconstitution de l'AIAC, nommant le chef Rasheed Adesanya à sa présidence, afin d'assurer la continuité des services publics et de la gestion locale.

La perspective des chefs traditionnels

De leur côté, les chefs traditionnels, menés par le Dr Sonny Kuku, soutiennent que leur démarche est ancrée dans les coutumes ancestrales et les pratiques culturelles d'Ijebuland. Ils estiment que la loi de 2021 ne prescrit pas de procédure spécifique pour la nomination d'un régent, ce qui justifierait le recours à un cadre coutumier. En dissolvant l'AIAC, les chefs cherchent à imposer une structure qu'ils jugent plus conforme à l'intégrité de l'institution traditionnelle. Face à cette situation, le gouvernement a mis en garde le public contre toute transaction officielle avec des individus se réclamant d'une autorité non reconnue, appelant au maintien de la paix et de la stabilité dans la région.

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