Les habitants et les opérateurs économiques de Bujumbura font face à une instabilité chronique de l'approvisionnement électrique, malgré la mise en service de nouveaux barrages hydroélectriques. Cette situation, qui perturbe le quotidien des citoyens et fragilise le tissu entrepreneurial local, met en lumière le décalage critique entre les capacités de production et la vétusté des infrastructures de distribution.
Un impact direct sur l'activité économique
Pour les artisans et commerçants de la capitale, ces coupures répétées se traduisent par des pertes financières immédiates. Dans des secteurs comme la soudure ou l'agroalimentaire, l'absence de courant durant les heures de travail contraint les professionnels à l'inactivité forcée ou à la gestion de stocks périssables. Certains entrepreneurs rapportent devoir jeter des produits frais, faute de réfrigération, tandis que d'autres voient leurs revenus journaliers chuter drastiquement, menaçant la subsistance de leurs foyers.
La vétusté du réseau, talon d'Achille de la distribution
Si la production électrique a été multipliée par quatre grâce à la construction de nouveaux barrages tels que Kabu 16 et Ruzibazi, le réseau de distribution reste le maillon faible du système. Selon la direction générale de la Regideso, une grande partie des lignes en service date des années 1960. Aujourd'hui, ces infrastructures sont saturées, transportant parfois le double de leur capacité initiale pour répondre à l'extension urbaine et à la croissance démographique de Bujumbura, ce qui provoque des pannes techniques systématiques.
Le projet Asent comme horizon de résolution
Pour pallier ces défaillances, la Regideso a engagé le projet « Asent », un programme de réhabilitation et de modernisation du réseau étalé sur trois ans. Ce plan prévoit le renforcement des lignes de transport et la mise à niveau des postes électriques. Si plusieurs marchés, notamment pour la maintenance des transformateurs, ont déjà été attribués, d'autres phases de sélection d'entreprises sont encore en cours pour les infrastructures spécifiques de la capitale. La direction de la société publique assure que l'achèvement de ces travaux est la condition sine qua non pour stabiliser durablement l'approvisionnement et mettre fin aux coupures récurrentes qui pénalisent actuellement les usagers.