Le parti nigérian African Democratic Congress (ADC) traverse une période d'incertitude institutionnelle marquée par une série de batailles judiciaires croisées. Alors que les préparatifs pour les élections générales de 2027 s'accélèrent, la légitimité de la direction actuelle et la validité des processus internes du parti restent suspendues aux décisions des tribunaux.
Le bras de fer autour de la présidence
La direction du parti, actuellement sous la houlette de l'ancien président du Sénat David Mark et du secrétaire national Rauf Aregbesola, est contestée par Nafiu-Bala Gombe. Ce dernier revendique la présidence et conteste les conditions d'accession au pouvoir de l'équipe en place. Un procès crucial, enregistré sous la référence FHC/ABJ/CS/1819/2025, est en attente de jugement devant la Haute Cour fédérale d'Abuja. Au cœur de ce litige figure également une lettre datée de juillet 2025, par laquelle le parti affirme que M. Bala a démissionné de ses fonctions en mai de la même année, une allégation que l'intéressé conteste.
L'imbroglio des congrès régionaux
Parallèlement à la lutte pour le sommet de la hiérarchie, l'ADC fait face à des obstacles concernant son organisation territoriale. Le 13 juillet, la Cour d'appel a confirmé, par une majorité de deux juges contre un, des restrictions empêchant la Commission électorale nationale indépendante (INEC) de reconnaître les congrès d'État organisés par les comités mis en place par la direction actuelle. Cette décision fragilise la structure locale du parti, bien que la direction nationale ait annoncé son intention de porter l'affaire devant la Cour suprême pour contester cette entrave à ses prérogatives.
La position administrative de l'INEC
Malgré ces turbulences judiciaires, l'INEC maintient à ce jour la reconnaissance officielle de l'équipe dirigée par David Mark dans ses registres administratifs. Toutefois, cette inscription ne constitue pas une résolution des litiges en cours. La Cour suprême, dans une décision rendue le 30 avril, a renvoyé le dossier devant la Haute Cour fédérale pour une détermination rapide, sans pour autant trancher sur le fond de la légitimité des dirigeants. Une autre procédure, initiée par le député Leke Abejide, a abouti en juillet à une décision favorable à la direction Mark, mais celle-ci n'a pas mis fin aux autres contestations en cours, laissant le parti dans une situation de vulnérabilité juridique persistante à l'approche des échéances électorales.