Le président sortant de la Nigeria Football Federation (NFF), Ibrahim Musa Gusau, fait face à une vague de protestations de la part de légendes du football, d’experts et de journalistes qui demandent sa démission. Les critiques portent sur des dysfonctionnements structurels, des retards de paiement et une utilisation opaque de plusieurs milliards de nairas alloués au football nigérian.
Des voix publiques réclament la démission d’Ibrahim Musa Gusau
Des personnalités comme l’ancien international Segun Odegbami, le docteur Danladi Bako, l’avocat Godwin Dudu‑orumen et le rédacteur en chef du Sporting Vanguard, Tony Ubani, ont publiquement déclaré que le mandat de Gusau ne pouvait plus être renouvelé. Le même appel a été rejoint par Osasu Obayiuwana, ancienne correspondante sport de la BBC et militante anti‑corruption basée à Londres, qui a rappelé son expérience au sein du comité de réforme de la gouvernance de la NFF entre 2018 et 2020.
Des dysfonctionnements révélés au sein de la NFF
Obayiuwana a souligné que, lors d’une séance du comité, le secrétariat de la NFF n’a pas pu fournir l’organigramme demandé pendant trois mois, livrant finalement un « scrap de papier » incomplet. Cette difficulté à fournir des informations de base illustre, selon elle, la mauvaise qualité de la gouvernance. Le comité d’enquête interne, présidé par Fanny Amun et incluant le coach Austin Eguavoen et le technicien Justin Madugu, a également exprimé son ras‑le‑bol : Madugu évoque des salaires impayés depuis son arrivée en 2022, tandis qu’Eguavoen dénonce l’absence de moyens matériels pour exercer son rôle de directeur technique.
Conséquences financières et juridiques pour les équipes nationales
Le financement de la NFF a explosé : plus de 17 milliards de nairas ont été débloqués en janvier 2024, complétés par des fonds d’intervention du gouvernement fédéral, des subventions FIFA Forward, des aides de la CAF et des contrats de sponsoring totalisant plusieurs milliards supplémentaires. Malgré cet afflux, les équipes nationales masculines et féminines n’ont pas réussi à se qualifier pour la Coupe du monde, les équipes de jeunes sont absentes des tournois majeurs, les camps d’entraînement sont mal organisés et les joueurs évoluant à l’étranger restent impayés. Le différend financier le plus visible concerne les Super Falcons, qui sont actuellement devant le Tribunal arbitral du sport (CAS) pour des bonus et indemnités non versés, un litige que les médias nationaux ont eu du mal à couvrir.
Perspectives de réforme du football nigérian
Les critiques rappellent le cas d’Alhaji Ibrahim Galadima, évincé en 2005 après l’échec de qualification aux Mondiaux, alors que aucune accusation financière ne pesait sur lui. Aujourd’hui, les mêmes acteurs qui ont exigé la chute de Galadima réclament la fin du mandat de Gusau, arguant que la mauvaise gestion a conduit à la « dégradation profonde » du football nigérian. Selon Sylvanus Ofekun, la combinaison d’un afflux de fonds et d’une absence de résultats tangibles alimente la méfiance du public et renforce la nécessité d’une restructuration axée sur le mérite, la compétence et l’intégrité.