Le Syndicat national des footballeurs camerounais (Synafoc) traverse une zone de turbulences marquée par le départ fracassant de Fabrice Mayebi. Après une décennie au sein du comité directeur, ce dernier a officialisé son retrait, dénonçant une rupture profonde avec les valeurs fondatrices de l'organisation et une gouvernance qu'il juge désormais déconnectée des besoins réels des joueurs.
Une rupture sur fond de tensions internes
Le départ de Fabrice Mayebi, fils du fondateur historique du syndicat, David Mayebi, fait suite à son éviction du comité directeur, une décision notifiée via une messagerie instantanée. L'intéressé conteste fermement les méthodes employées par le président Geremi Njitap et le secrétariat général, évoquant des manœuvres orchestrées en marge des élections du 2 septembre 2026. Il pointe notamment l'opacité entourant certaines convocations et l'absence de réponse à ses demandes d'explications formelles, soulignant une rupture totale du dialogue interne.
Un constat sévère sur l'action syndicale
Au-delà de son cas personnel, Fabrice Mayebi dresse un bilan critique de l'évolution du Synafoc. Selon lui, l'organisation s'est progressivement éloignée de sa mission première : la défense des intérêts des footballeurs. Il déplore une raréfaction des initiatives structurantes, une absence de présence sur le terrain auprès des joueurs et une gestion jugée trop centrée sur des intérêts personnels. Le syndicat est également critiqué pour ses rapports conflictuels avec la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) et une fréquence de réunions jugée insuffisante pour une structure de cette envergure.
La menace d'une action en justice
Face à ce qu'il qualifie de « dérive préoccupante », Fabrice Mayebi ne compte pas en rester là. Il a annoncé se réserver le droit de saisir les juridictions compétentes pour faire toute la lumière sur les conditions de son éviction et sur les pratiques internes qu'il dénonce. Pour l'ancien membre du directoire, cette démarche vise à préserver la crédibilité de l'institution, qu'il estime menacée par une gestion privilégiant les calculs individuels au détriment de l'éthique syndicale. Ce conflit ouvert soulève des interrogations sur la stabilité et la représentativité future du Synafoc dans le paysage du football camerounais.