La section locale du All Progressives Congress (APC) dans la zone de gouvernement local d'Ipokia, dans l'État d'Ogun, a officiellement pris ses distances avec Abayomi Hunye, un ancien aspirant au poste de gouverneur. Cette rupture intervient alors que M. Hunye continue de revendiquer sa participation à la course pour l'élection de 2027, malgré une suspension disciplinaire confirmée par les instances dirigeantes du parti.
Une rupture consommée avec la base locale
Lors d'une conférence de presse tenue au secrétariat du parti à Ipokia, le président local de l'APC, Agbetokun Wasiu Onikoyo, a été formel : les actions et déclarations récentes de M. Hunye ne reflètent en rien la position officielle de la formation politique. La direction locale a réitéré son soutien indéfectible au sénateur Solomon Olamilekan Adeola, dit « Yayi », désigné comme le candidat privilégié pour le prochain scrutin gubernatorial. Les responsables locaux ont également soulevé des interrogations sur la transparence du parcours de M. Hunye, exigeant des éclaircissements sur des changements de nom présumés durant sa carrière dans la fonction publique.
La validité de la suspension disciplinaire
Au cœur du différend se trouve la question de la suspension de M. Hunye. Selon les responsables du parti, cette mesure a été initiée au niveau du quartier (Tube Ward) avant d'être ratifiée par les comités exécutifs local, étatique et confirmée par le secrétariat national. L'élu de la circonscription d'Ipokia/Idiroko, Bisi Oyedele, a insisté sur le respect strict des procédures statutaires de l'APC, rappelant qu'aucune ambition personnelle ne saurait s'affranchir de la discipline interne.
Le distinguo juridique entre filtrage et réhabilitation
Face à l'argument de M. Hunye, qui soutient que sa participation au processus de filtrage (screening) du parti équivaudrait à une levée de sa suspension, des experts juridiques apportent un éclairage technique. L'avocat constitutionnaliste Kayode Oladele souligne que le filtrage électoral et l'exonération disciplinaire sont deux processus distincts. Selon lui, le simple fait d'avoir été autorisé à acheter un formulaire de candidature ou à passer devant un comité de sélection ne constitue pas une décision formelle de réintégration. En l'absence d'une résolution explicite d'un organe compétent annulant la sanction, la suspension demeure, selon le parti, pleinement en vigueur.
Un enjeu d'unité pour l'APC à Ogun
Au-delà du cas individuel, cette séquence illustre les tensions internes au sein de l'APC dans l'État d'Ogun. Le président du gouvernement local d'Ipokia, Johnson Akohomeh Avoseh, a martelé la volonté de sa circonscription de ne pas s'isoler de la dynamique politique régionale, affirmant que le soutien à la candidature de Yayi est une décision collective visant à assurer l'inclusion et la continuité du développement de l'État.