Le parti All Progressives Congress (APC) traverse une zone de turbulences majeures dans l'État de Bauchi, au Nigeria. La multiplication des démissions de cadres influents et d'anciens candidats aux primaires, sur fond d'accusations d'imposition de candidats, fragilise la cohésion interne du parti à l'approche des échéances électorales de 2027.
L'échec des tentatives de réconciliation
Face à la contestation née de la désignation de l'ancien gouverneur Muhammed Abubakar comme candidat à l'investiture, un comité de réconciliation avait été mis en place sous la présidence de l'ancien président de la Chambre des représentants, Yakubu Dogara. Malgré les efforts pour apaiser les tensions, les griefs persistent. Des figures de proue, dont l'ancien ministre Yusuf Tuggar, ont publiquement rejeté le processus, jugeant les primaires irrégulières. Cette incapacité à unifier les rangs autour du candidat désigné laisse craindre une répétition des échecs électoraux de 2019 et 2023, marqués par des divisions internes fatales.
Une hémorragie de cadres influents
La liste des départs s'allonge, affaiblissant l'ancrage territorial de l'APC. Parmi les personnalités ayant récemment quitté le navire figurent l'ancien vice-gouverneur Sagir Saleh, ainsi que Muhammad Jibrin, un acteur politique de poids qui a dénoncé une « injustice flagrante » et une absence totale de considération pour les militants. Ces départs, qui s'ajoutent à ceux de parlementaires et d'autres responsables locaux, privent le parti de ses relais traditionnels dans des zones stratégiques comme Katagum ou Misau.
Le défi de la crédibilité électorale
Si la direction locale de l'APC tente de minimiser ces défections en mettant en avant l'arrivée de nouveaux membres, l'absence remarquée des poids lourds du parti lors des récents rassemblements souligne une fracture profonde. Pour les observateurs, la stratégie actuelle du parti, qui consiste à laisser partir les mécontents, est un pari risqué. La capacité de l'APC à remporter le scrutin de 2027 dépendra désormais de sa faculté à ramener à la table des négociations des figures comme Yusuf Tuggar ou Bala Wunti, sous peine de voir ses chances de reconquête de l'État de Bauchi s'effondrer face à la mouvance au pouvoir.