Le parti au pouvoir au Nigeria, l'All Progressives Congress (APC), a formellement démenti toute implication dans les récentes turbulences judiciaires secouant l'African Democratic Congress (ADC). Cette mise au point intervient après qu'une décision de justice a invalidé la direction du parti dirigée par le sénateur David Mark, annulant par ricochet les processus électoraux internes, dont la candidature présidentielle d'Atiku Abubakar.
Une décision judiciaire aux conséquences majeures
Le verdict rendu jeudi par le juge Peter Lifu de la Haute Cour fédérale d'Abuja marque un tournant pour l'ADC. En révoquant la direction actuelle, la justice a annulé l'ensemble des actes officiels posés par cette faction, y compris les résultats des primaires. Cette invalidation fragilise directement la position d'Atiku Abubakar, ancien vice-président, dont la candidature à la magistrature suprême sous cette bannière se trouve désormais frappée d'illégalité selon les termes du jugement.
La réplique de l'APC face aux accusations
Face aux critiques émanant de la faction évincée, qui a régulièrement accusé le parti au pouvoir de collusion avec la justice, le porte-parole de l'APC, Felix Morka, a tenu à clarifier la position de sa formation. Il a qualifié le conflit de « querelle interne » opposant des dirigeants légitimes de l'ADC à une faction qu'il qualifie de « pirate ». Selon l'APC, le parti au pouvoir n'est ni partie prenante, ni interlocuteur dans ce dossier, et n'exerce aucune influence sur les décisions des tribunaux nigérians.
Démocratie interne et respect des institutions
L'APC a profité de cette tribune pour dénoncer ce qu'il considère comme une instrumentalisation opportuniste du système judiciaire par les responsables de l'ADC. Felix Morka a souligné une tendance contradictoire au sein de cette faction : louer l'indépendance de la justice lorsqu'elle leur est favorable, tout en dénonçant une ingérence politique dès lors qu'un verdict leur est défavorable. Pour le porte-parole, cette attitude témoigne d'un manque de respect pour les piliers démocratiques du pays et d'une volonté de faire porter la responsabilité de leurs propres échecs organisationnels à des acteurs extérieurs.