La plus haute juridiction brésilienne a interrompu deux sessions consécutives d'examen des dossiers, alors que des accusations de corruption et d'ingérence politique secouent ses membres. Le différend, déclenché par la diffusion de messages texte entre un banquier arrêté et le juge Alexandre de Moraes, intervient à quelques mois des élections présidentielles.
Déclencheur : la fuite de messages entre le banquier Vorcaro et le juge de Moraes
Le 1er septembre, le magistrat André Mendonça a rendu publics des documents de la police fédérale montrant une série d’environ trente SMS envoyés depuis le numéro du banquier Daniel Vorcaro, à la suite d’une demande de conseil adressée à Alexandre de Moraes. Ces échanges, révélés dans le cadre de l’enquête sur le scandale Banco Master, ont alimenté les accusations selon lesquelles le juge aurait pu intervenir en faveur du financier.
Réactions en chaîne : accusations mutuelles et suspension des audiences
Alexandre de Moraes a immédiatement rétorqué en accusant Mendonça d’abuser de son autorité pour des motifs politiques, demandant une enquête sur la manière dont le magistrat aurait interrogé Vorcaro, prétendument sans la présence de policiers ou de procureurs. Face à l’escalade des tensions, le président de la Cour, Luiz Edson Fachin, a annulé la deuxième journée de délibérations et reporté la reprise des travaux au mardi suivant, où dix juges devront débattre de la possible mise en cause de de Moraes.
Implications pour le scrutin présidentiel de 2026
La crise judiciaire survient à un moment critique pour le pays : le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva affrontera le fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro, le sénateur Flávio Bolsonaro, lors de l’élection présidentielle d’octobre. Les deux camps ont appelé à des investigations approfondies sur les magistrats impliqués, craignant que la perte de confiance dans la justice ne biaise le processus électoral.
Le scandale Banco Master et ses retombées politiques
Le scandale Banco Master, qui a vu l’arrestation de Daniel Vorcaro en novembre 2025 pour fraude massive ayant laissé plus de 7 milliards de dollars de dettes, a déjà entraîné des perquisitions ciblant des proches du sénateur Bolsonaro, dont la productrice Karina Gama et le député Mario Frias, tous deux liés à la production d’un film financé par le sénateur. Bolsonaro a qualifié ces opérations de « tentative d’ingérence politique » à l’approche du vote.