Le gouvernement sénégalais sonne l’alarme face à une dégradation critique de la sécurité alimentaire dans six départements, alors que la période de soudure aggrave les vulnérabilités des ménages et du cheptel.
Une période de soudure sous haute tension
La période de soudure, qui s’étend traditionnellement de juin à août, marque un pic de vulnérabilité pour les populations et les éleveurs. Les réserves alimentaires issues des récoltes précédentes s’épuisent, tandis que les nouvelles productions ne sont pas encore disponibles. Cette phase critique, soulignée par le Premier ministre lors d’un Conseil des ministres, expose des milliers de ménages à une insécurité alimentaire sévère, notamment dans les zones rurales où l’accès aux marchés est limité.
Les départements de Goudiry, Salémata, Bambey, Matam, Podor et Ranérou figurent parmi les plus touchés, selon les dernières analyses du Cadre harmonisé sur la sécurité alimentaire. Bien que le nombre exact de personnes concernées ne soit pas précisé, les autorités reconnaissent l’ampleur de la crise et appellent à une mobilisation immédiate.
Mobilisation des ressources et coordination interministérielle
Face à cette situation, le Premier ministre a ordonné au ministère des Finances de débloquer sans délai les fonds nécessaires pour financer le Plan national de réponses. Ce cadre d’intervention, dédié aux crises alimentaires, nutritionnelles et pastorales, vise à couvrir les besoins urgents des populations, des enfants exposés à la malnutrition et des éleveurs dont le bétail souffre du manque de fourrage.
Plusieurs structures publiques ont été activées pour renforcer l’efficacité de la réponse : le Fonds de solidarité nationale, le Commissariat à la sécurité alimentaire et à la résilience, le Conseil national de développement de la nutrition, l’Opération de sauvegarde du bétail et le Programme national de bourses de sécurité familiale. Leur coordination doit permettre d’éviter une aggravation de la crise dans les semaines à venir.
Un Conseil interministériel est également prévu pour évaluer l’avancement des interventions, identifier les lacunes et ajuster les mesures en conséquence. Cette réunion, annoncée pour la semaine suivante, devrait permettre de clarifier les priorités et d’accélérer la mise en œuvre des solutions.