L'Université d'État de Kaduna (KASU) fait face à une grave crise de personnel, marquée par le départ de plus de 200 professeurs et enseignants-chercheurs en raison de conditions de travail jugées précaires. Face à cette situation, la section locale du Syndicat du personnel académique des universités (ASUU) menace de lancer une grève générale et illimitée si ses revendications salariales ne sont pas satisfaites. Cette mobilisation fait suite au non-respect d'un accord national crucial pour l'avenir de l'institution.
Les faits essentiels
La section locale de l'ASUU à l'Université d'État de Kaduna (KASU) a révélé qu'une hémorragie de compétences frappe l'établissement, avec la démission de plus de 200 enseignants, dont plusieurs professeurs. Selon le président de l'ASUU-KASU, Abubakar Abdullahi, cette vague de départs est directement liée à la non-application de l'accord de janvier 2025 conclu entre le gouvernement fédéral et le syndicat national (FGN-ASUU). Lors d'une conférence de presse s'appuyant sur un communiqué publié après l'assemblée générale du 12 août, le syndicat a officiellement lancé un ultimatum de deux semaines aux autorités universitaires et étatiques pour appliquer cet accord.
Les revendications des enseignants ne se limitent pas à l'accord de 2025. L'ASUU réclame également le règlement de plusieurs dossiers en suspens, notamment l'autonomie universitaire, la réduction de la charge de travail excessive, le paiement des arriérés de promotion, les prestations de décès, l'assurance vie collective, les revalorisations salariales de 25 % et 35 %, ainsi que le versement des cotisations de retraite.
Pourquoi c'est important
Cette fuite massive de cerveaux menace directement la qualité de l'enseignement et la réputation académique de l'Université de Kaduna. Le remplacement d'enseignants expérimentés et de professeurs de haut rang s'avère particulièrement difficile et long, ce qui pourrait déstabiliser l'ensemble des programmes universitaires. De plus, la situation à la KASU met en évidence une profonde inégalité de traitement au sein du système universitaire nigérian : alors que d'autres institutions ont déjà mis en œuvre l'accord FGN-ASUU de 2025 ou annoncé un calendrier précis pour le faire, le personnel de Kaduna reste privé de ces avantages, accentuant la précarité des enseignants locaux.
Ce qu'il faut surveiller
L'évolution de la situation dépendra de la réaction des autorités de l'État de Kaduna durant la période d'ultimatum de deux semaines. Si aucun accord n'est trouvé pour la mise en œuvre et l'adaptation locale de l'accord FGN-ASUU, l'université s'expose à une grève totale, globale et illimitée, décidée en conformité avec les résolutions du comité exécutif national de l'ASUU réuni début août à l'Université d'Abuja. Pour l'heure, le ministère de l'Éducation de l'État de Kaduna n'a pas encore réagi officiellement, le commissaire à l'Éducation étant resté injoignable. Le syndicat se dit ouvert au dialogue, mais exige des mesures concrètes et immédiates pour stopper le départ des universitaires.