Le crash d'un appareil Let L-410 de la compagnie TRACEP, survenu le 25 septembre à Kenge, a coûté la vie à 17 personnes, dont deux lieutenants-généraux. Ce drame met en lumière les défaillances structurelles du réseau aéroportuaire congolais et interroge la conformité des opérations de transport aérien dans le pays.
L'état des infrastructures aéroportuaires en cause
Le président du conseil d'administration de la Régie des voies aériennes (RVA), Tryphon Kin-Kiey Mulumba, a pointé du doigt l'étroitesse de la piste de l'aérodrome de Kenge, longue d'environ 930 mètres. Cette infrastructure est fragilisée par la spoliation de ses emprises, désormais occupées par des habitations. Selon les autorités aéroportuaires, cette configuration non conforme aux normes de sécurité a pu jouer un rôle déterminant dans l'incapacité de l'appareil à se poser correctement, l'avion ayant effectué plusieurs survols de la zone avant l'accident.
Deux enquêtes pour faire la lumière sur le drame
Face à l'ampleur du bilan humain, deux procédures distinctes ont été enclenchées. Le Bureau permanent d'enquêtes d'accidents et incidents d'aviation (BPEA) a été dépêché sur place dès les heures suivant le crash pour déterminer les causes techniques et opérationnelles de la tragédie. Parallèlement, le ministère de la Justice a ouvert une enquête judiciaire préliminaire. Ces investigations devront notamment établir si l'état technique de l'avion ou une erreur humaine sont à l'origine de la perte de contrôle.
La régulation du transport aérien sous surveillance
Le ministère des Transports a réagi en exigeant des rapports détaillés de l'Autorité de l'aviation civile (AAC) et de la RVA concernant l'état de navigabilité de l'appareil et la régularité de ses contrôles. À titre conservatoire, le certificat de transporteur aérien de la compagnie TRACEP a été retiré. Cette décision intervient dans un contexte de méfiance accrue, alors que plusieurs sources font état d'une dizaine d'incidents et d'accidents impliquant cette même compagnie depuis 2006, incluant des sorties de piste répétées. L'enjeu est désormais de prévenir la récurrence de tels drames par un contrôle plus strict des opérateurs aériens et une sécurisation effective des emprises aéroportuaires.