Les industriels nigérians, regroupés sous la Chemical and Non‑Metallic Products Employers Federation (CANMPEF), ont dénoncé en 2025 une explosion des dépenses d’énergie de secours – 1,35 trillion de nairas – et la perte de 18 935 postes dans le premier semestre, malgré une amélioration des indicateurs macroéconomiques nationaux.
Une facture énergétique record pour les usines
Selon les chiffres de la Manufacturers Association of Nigeria, les entreprises ont dépensé 1,35 trillion de nairas en énergie alternative en 2025, soit une hausse de 23 % par rapport à l’année précédente. Cette dépense massive résulte d’une capacité de production électrique réelle inférieure à 5 000 MW alors que la demande estimée dépasse 18 000 MW, en partie à cause de contraintes d’approvisionnement en gaz, de goulets d’étranglement du réseau et de coupures fréquentes. Les secteurs les plus touchés – verre, céramique, chaux et autres produits non métalliques – dépendent de fours énergivores, les obligeant à recourir à des générateurs onéreux.
Des pertes d’emplois qui freinent la reprise industrielle
Le même organisme signale que 18 935 emplois ont disparu dans le secteur manufacturier au cours du premier semestre 2025, contre 10 891 l’an passé. Cette contraction intervient alors que le taux d’utilisation des capacités industrielles n’a progressé que modestement, passant de 57,6 % à 61,3 % sur la même période. La perte d’emplois souligne la fragilité de la reprise, même si le PIB national a progressé de 3,87 % en 2025 et que l’inflation a reculé, les gains macroéconomiques ne se sont pas traduits en création d’emplois durables.
Revendications des industriels : énergie, financement et cadre fiscal
Le président de la CANMPEF, Devakumar Edwin, a appelé le gouvernement à harmoniser les taxes et à instaurer un cadre tarifaire prévisible pour l’électricité, tout en priorisant l’alimentation en gaz des usines et le règlement des dettes du secteur énergétique. Il a également demandé un allègement du coût du crédit, notamment pour les PME, afin de faciliter les investissements à long terme. Bien que les réformes fiscales de janvier 2026 soient accueillies favorablement, le syndicat met en garde contre l’apparition de nouvelles taxes ou de frais superposés qui alourdiraient davantage les coûts de production.
Enjeux logistiques et sécuritaires pour la chaîne industrielle
Outre l’énergie et le financement, la CANMPEF a souligné la nécessité d’améliorer la sécurité le long des corridors industriels, de moderniser les routes, les ports et le système de guichet unique national afin de réduire les délais de dédouanement et les coûts logistiques. Le secteur pharmaceutique a bénéficié d’une exonération de droits d’importation et de TVA sur 875 matières premières depuis mars 2025, mais le fédéral est invité à étendre ce type de mesures ciblées à d’autres intrants critiques qui restent largement importés.