Course à la tête de l'ONU: sept candidats en lice, mais aucun favori clair

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 35 lectures
Course à la tête de l'ONU: sept candidats en lice, mais aucun favori clair

Le Conseil de sécurité de l’ONU a lancé un processus électoral inédit pour désigner son futur secrétaire général, dans un contexte de fragmentation géopolitique et de revendications historiques pour la parité. Sept candidats, dont quatre femmes, s’affrontent pour succéder à Antonio Guterres, dont le mandat s’achève fin décembre. Mais l’absence de favori clair et les divisions des cinq membres permanents du Conseil compliquent déjà une élection qui pourrait s’étendre sur plusieurs mois.

Un scrutin sous l’ombre des grandes puissances

Le processus a débuté jeudi par un premier « vote indicatif » à huis clos, où les 15 membres du Conseil de sécurité ont attribué anonymement une mention « encourage », « décourage » ou « sans opinion » à chacun des sept candidats. Parmi eux, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, est régulièrement cité comme un prétendant sérieux, sans pour autant émerger comme un favori incontesté. La course s’annonce serrée, d’autant que les cinq membres permanents du Conseil – États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni – détiennent un pouvoir de veto décisif. Aucun candidat ne peut espérer une confirmation sans leur soutien, alors que ces puissances affichent des positions divergentes sur la plupart des enjeux internationaux.

La tradition géographique, bien que non écrite, pèse également dans cette élection. L’Amérique latine revendique le poste pour la première fois depuis des décennies, ce qui explique la surreprésentation de candidats originaires de la région : la Chilienne Michelle Bachelet, l’Équatorienne María Fernanda Espinosa, la Costaricaine Rebeca Grynspan, ainsi que le Guyanien Carolyn Rodrigues-Birkett. Le Sénégalais Macky Sall et l’Ougandais Olara Otunnu complètent ce panel, tandis que la parité, autre priorité affichée, est mise en avant par plusieurs États, dont le Panama, qui a explicitement souligné ces deux critères comme essentiels.

Une élection incertaine, entre auditions et calculs politiques

Six des sept candidats ont déjà été auditionnés, tant en public devant l’Assemblée générale qu’en privé devant le Conseil. Seul Olara Otunnu, dernier arrivé dans la course, devra encore passer cet examen. Ces auditions, combinées aux votes indicatifs, visent à affiner les préférences des États membres avant une éventuelle désignation. Pourtant, malgré ces étapes, les observateurs restent prudents : l’absence de consensus et les rivalités entre les grandes puissances rendent toute prédiction hasardeuse. Le prochain secrétaire général devra non seulement obtenir l’aval des neuf membres nécessaires du Conseil, mais aussi éviter un veto de l’un des cinq permanents, un scénario qui pourrait prolonger indéfiniment le processus.

Dans un monde marqué par des tensions croissantes et une multipolarité accentuée, cette élection à la tête de l’ONU s’annonce comme un test de la capacité des États à transcender leurs divergences. Le choix final, s’il intervient, pourrait refléter moins les mérites des candidats que les rapports de force géopolitiques du moment.

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