Côte d’Ivoire : le ministère de la Culture impose une licence aux professionnels du spectacle vivant, un coût qui suscite l’inquiétude du secteur

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 20 lectures
Côte d’Ivoire : le ministère de la Culture impose une licence aux professionnels du spectacle vivant, un coût qui suscite l’inquiétude du secteur

Le ministère de la Culture ivoirien a annoncé que toute personne physique ou morale exerçant le spectacle vivant devra obtenir une licence d’exploitation. Si la mesure vise à formaliser un secteur largement informel, le coût de la licence, qui peut grimper à 10 millions de francs CFA, alimente les craintes d’une disparition de nombreuses disciplines.

Objectifs du nouveau régime d’entrepreneurs du spectacle vivant

Les autorités justifient la réforme par la nécessité de protéger le public et de rendre le secteur plus transparent. Selon la ministre de la Culture, Françoise Remarck, la licence permettra de recenser les acteurs du spectacle, d’évaluer leur contribution économique et de planifier des soutiens publics, comme la construction de salles ou des subventions ciblées. Le texte législatif, déjà publié, donne aux professionnels jusqu’à mi‑octobre pour se mettre en conformité.

Les inquiétudes du collectif des artistes

Un groupe de danseurs, de théâtres, de conteurs, de diffuseurs et d’exploitants de salles, organisé sous la forme d’un collectif, a réagi rapidement. Son président, Adama Adepodju, à la tête de la Fédération nationale de théâtre, redoute que les frais d’inscription – variant selon la discipline et pouvant atteindre 10 M FCFA (environ 15 240 €) – excluent les artistes itinérants, comme les chanteurs de villages. Le collectif réclame une réévaluation des tarifs et davantage de souplesse afin que même les petites structures puissent obtenir leur carte professionnelle.

Vers un dialogue entre l’État et le secteur culturel

Face aux protestations, le ministère a annoncé la tenue de réunions de travail avec les représentants du collectif dans les prochains jours. La ministre a souligné que l’arrêté ne serait pas remis en cause, mais précisé pour le rendre « plus inclusif ». Selon Chantal Djédjé, directrice de la Fabrique culturelle, la réforme pourrait offrir une visibilité inédite au secteur, en chiffrant le nombre d’acteurs (entre 2 000 et 10 000 personnes) et le chiffre d’affaires annuel, ce qui faciliterait l’obtention de financements et d’infrastructures publiques.

Enjeux économiques et culturels d’une professionnalisation

Au-delà de la protection du public, la licence vise à reconnaître la valeur économique du spectacle vivant, souvent négligée dans les bilans nationaux. Une meilleure cartographie du secteur pourrait justifier des politiques de soutien, comme l’implantation de salles dans les villes où la demande est forte. Toutefois, l’équilibre entre formalisation et accessibilité reste à définir, le risque d’une exclusion des artistes les plus modestes étant la principale critique du projet.

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