Côte d'Ivoire et Sénégal : les États luttent contre la marchandisation des cours de soutien scolaire

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 12 lectures
Côte d'Ivoire et Sénégal : les États luttent contre la marchandisation des cours de soutien scolaire

La Côte d'Ivoire a récemment interdit aux enseignants du public de dispenser des cours de renforcement payants à leurs propres élèves, rejoignant ainsi le Sénégal dans une volonté de réguler les pratiques éducatives. Cette mesure vise à protéger l'égalité des chances et à mettre fin à des pressions financières pesant sur les familles, souvent contraintes de payer pour garantir la réussite scolaire de leurs enfants.

Une interdiction pour garantir l'équité

Le 1er octobre dernier, le ministère ivoirien de l'Éducation nationale a officialisé l'interdiction des cours de soutien payants, une pratique couramment appelée « renfo ». Par cette note de service, les autorités cherchent à enrayer la banalisation de ces séances au sein des établissements publics. L'enjeu est clair : éviter que la réussite scolaire ne devienne une variable dépendante de la capacité financière des parents, tout en prévenant les pressions exercées sur les élèves pour qu'ils s'inscrivent à ces prestations complémentaires.

Le défi persistant de l'application

Si le Sénégal dispose d'un cadre réglementaire similaire depuis plusieurs années, avec des circulaires ministérielles rappelant l'interdiction de ces cours et de la vente de fascicules, l'application concrète reste complexe. Malgré les rappels à l'ordre des autorités académiques, certains enseignants contournent les règles en délocalisant leurs cours payants dans des structures privées. Ce phénomène souligne la difficulté pour les États de contrôler des pratiques qui s'apparentent, selon les observateurs, à une privatisation rampante du système éducatif public.

La problématique des manuels scolaires

Au-delà des cours de soutien, la question des manuels scolaires constitue une charge financière croissante pour les ménages. La publication annuelle de nouvelles éditions, dont le contenu demeure souvent identique aux précédentes, empêche la réutilisation des livres entre élèves ou leur circulation sur le marché de l'occasion. Cette stratégie éditoriale, couplée à l'obligation d'achat, est perçue comme un frein supplémentaire à l'accès à une éducation de qualité pour tous.

Déontologie et mission de service public

La position des autorités ivoiriennes et sénégalaises repose sur un principe fondamental : le rôle de l'enseignant est de permettre à chaque élève, quel que soit son niveau initial, de progresser au sein de la classe. Exiger une rémunération pour dispenser un savoir que l'enseignant est déjà tenu de transmettre dans le cadre de ses fonctions est jugé contraire à l'éthique professionnelle. Ces mesures visent donc à restaurer les principes d'équité et d'égalité qui doivent impérativement fonder le système éducatif national.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.