Une investigation de Corruption Watch a mis en évidence des irrégularités dans le financement du programme sportif One Constituency, One Astroturf, initié sous le mandat de l’ancien président Nana Akufo‑Addo. Cette révélation relance le débat sur la transparence des dépenses publiques liées aux infrastructures sportives au Ghana.
Le programme One Constituency, One Astroturf : ambitions et mise en œuvre
Instauré pendant la présidence de Nana Akufo‑Addo, le dispositif One Constituency, One Astroturf visait à doter chaque circonscription ghanéenne d’un terrain de football en gazon synthétique. Présenté comme le projet phare d’infrastructures sportives du gouvernement, il devait favoriser la pratique du football, créer des emplois locaux et renforcer la cohésion communautaire. Les autorités ont justifié l’initiative par la volonté de moderniser les installations sportives, souvent en mauvais état, et de soutenir le développement du talent local.
L’enquête de Corruption Watch : méthodologie et premières constatations
Corruption Watch, organisme de la société civile spécialisé dans la lutte contre la corruption, a mené une enquête approfondie sur l’utilisation des fonds publics affectés à la construction des terrains. Selon le rapport publié, les chercheurs ont examiné les appels d’offres, les contrats attribués et les flux financiers associés aux projets. Les conclusions indiquent que des pratiques de passation de marchés douteuses et des dépenses non justifiées ont été relevées, soulevant des questions sur la conformité aux procédures d’achat publiques. Bien que les détails chiffrés ne soient pas divulgués dans le communiqué, l’organisme souligne que les irrégularités observées pourraient compromettre l’efficacité du programme et la confiance des contribuables.
Enjeux pour la gouvernance et la transparence au Ghana
Ces révélations interviennent à un moment où le Ghana cherche à renforcer ses mécanismes de contrôle de la dépense publique. Les allégations d’irrégularités dans un projet à forte visibilité politique peuvent inciter les institutions à réexaminer leurs cadres de suivi et d’audit. Elles alimentent également le débat public sur la nécessité d’une plus grande transparence dans les projets d’infrastructure, notamment ceux financés par le budget national. Pour les décideurs, le défi consiste à concilier les objectifs de développement sportif avec des procédures d’achat rigoureuses, afin d’éviter que des initiatives bien intentionnées ne soient entachées de soupçons de mauvaise gestion.