Corruption au Sénégal : la justice prend le relais des promesses politiques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 41 lectures
Corruption au Sénégal : la justice prend le relais des promesses politiques

La lutte contre la corruption au Sénégal franchit une étape décisive : les dossiers emblématiques, autrefois au cœur des promesses politiques, sont désormais du ressort exclusif de la justice. Une transition qui interroge l’équilibre entre engagement présidentiel et indépendance judiciaire.

Une transition vers l’institution judiciaire

Les engagements pris par le président Bassirou Diomaye Faye en matière de reddition des comptes et de lutte contre la corruption ont trouvé un nouveau cadre : celui de la justice. Aminata Touré, figure proche du pouvoir, a confirmé que les dossiers, autrefois portés par l’exécutif, sont désormais entre les mains des magistrats. Cette évolution marque un tournant dans la gestion de ces affaires, passant d’une logique politique à une approche strictement judiciaire. Pour le chef de l’État, cette transition revêt une dimension personnelle, liée à son propre parcours marqué par une incarcération avant son accession au pouvoir.

Selon Aminata Touré, cette démarche s’inscrit dans le respect des prérogatives judiciaires. « Les procédures suivent désormais leur cours normal. Les magistrats examineront les dossiers et rendront leurs décisions conformément à la loi », a-t-elle souligné. Une position qui vise à dissocier la lutte contre la corruption des enjeux partisans, tout en répondant à une exigence de transparence.

Vers une gouvernance plus institutionnelle

Au-delà du traitement des dossiers en cours, Aminata Touré plaide pour une refonte des pratiques de gouvernance au Sénégal. Elle critique une approche trop médiatisée de la lutte contre la corruption, qu’elle juge contre-productive. Pour elle, la reddition des comptes doit devenir une norme, et non un événement exceptionnel. « La lutte contre la corruption devrait être une pratique normale de gouvernance », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité de généraliser les audits dans l’administration publique.

Son analyse met en lumière une volonté de systématiser les contrôles, avec une fréquence accrue. « Les audits devraient être réguliers, voire annuels, dans l’ensemble des administrations publiques », a-t-elle expliqué. Une telle approche vise à ancrer la transparence dans les rouages de l’État, en évitant que ces mécanismes ne soient perçus comme des outils de ciblage politique. Une vision qui s’inscrit dans la durée, loin des effets d’annonce, pour construire une administration plus intègre et responsable.

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