Le corps de l’ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront ses funérailles d’une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe.
Les autorités iraniennes préparent un hommage national de trois jours, débutant samedi, avec entre 15 et 20 millions de participants attendus à Téhéran. Cet événement s’inscrit dans un contexte de démonstration de force après un conflit de près de 40 jours ayant causé la mort de nombreux hauts dirigeants et de milliers de civils.
Le cercueil d’Ali Khamenei, enveloppé dans un drapeau iranien, a été transporté à la Grande Mosalla, un vaste complexe religieux de la capitale. Les murs du site sont ornés de portraits du défunt, de drapeaux noirs de deuil et de drapeaux rouges symbolisant le martyre. Des préparatifs logistiques, notamment l’aménagement de l’espace, étaient en cours sous une chaleur intense.
Un cortège funéraire doit traverser Téhéran avant de rejoindre la ville sainte de Qom. Des dirigeants d’une trentaine de pays, principalement voisins, sont annoncés, dont des représentants de la Russie, du Pakistan et de la Chine. Aucun dirigeant européen n’a été invité.
Les obsèques, initialement prévues en mars, ont été reportées en raison du conflit. Elles s’annoncent comme les plus importantes de l’histoire iranienne, dépassant celles de l’ayatollah Khomeini en 1989, marquées par des mouvements de foule ayant causé plusieurs décès.
Le cercueil d’Ali Khamenei sera accompagné de ceux de ses proches tués lors des frappes, dont un membre de sa famille. Des images et slogans rendant hommage au « martyr » sont omniprésents dans la capitale, où les autorités ont instauré un dispositif sécuritaire renforcé. Téhéran est placée sous haute surveillance, avec des restrictions de circulation et la fermeture partielle de l’aéroport.
L’inhumation est prévue le 9 juillet à Machhad, ville d’origine du défunt, après une escale en Irak voisin. Ces funérailles se déroulent dans un climat de tension, alors qu’un fragile cessez-le-feu est en place entre l’Iran et les États-Unis.