COP17 à Oulan-Bator : la sécheresse requalifiée en risque structurel pour les économiesyen mondiales

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 35 lectures
COP17 à Oulan-Bator : la sécheresse requalifiée en risque structurel pour les économiesyen mondiales

Lors de la COP17 à Oulan-Bator, Andrea Meza, Secrétaire exécutive adjointe de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (UNCCD), a présenté la sécheresse comme un risque structurel affectant économies, chaînes de valeur et moyens de subsistance, appelant à une gestion proactive et à un financement accru.

Sécheresse : d’un problème environnemental à un risque structurel

Meza a rappelé que la sécheresse ne se limite plus à une question environnementale. Elle touche directement la productivité, les systèmes économiques et les moyens de vie, que ce soit en Afrique où elle alimente l’insécurité alimentaire, en Europe où elle cause des pertes agricoles majeures, ou encore autour du canal de Panama où le commerce international subit des perturbations. Même des zones traditionnellement humides, comme l’Amazonie brésilienne, ressentent déjà les effets de sécheresses plus fréquentes.

Vers une gestion proactive : systèmes d’alerte et planification

Selon Meza, les gouvernements, les communautés et les entreprises ne peuvent plus attendre le déclenchement d’une sécheresse pour agir. Elle a insisté sur l’importance d’accès à l’information et d’investissements dans des systèmes d’alerte précoce qui ne se contentent pas de produire des données scientifiques, mais qui les transmettent efficacement aux décideurs opérationnels. Elle a souligné que les pays doivent élaborer des plans et des politiques de sécheresse identifiant à l’avance les secteurs les plus vulnérables et orienter les investissements vers la résilience.

Financement et partenariats pour la résilience

Meza a indiqué que les ressources financières restent le principal frein à la mise à l’échelle des mesures de résilience. Elle a cité l’International Drought Resilience Alliance, le Drought Investment Facility et le neuvième renouvellement du Global Environment Facility (GEF‑9) comme des mécanismes capables de mobiliser des capitaux privés et publics. L’International Drought Resilience Observatory, quant à lui, sert à traduire les données scientifiques complexes en informations accessibles aux décideurs, facilitant ainsi l’évaluation de l’impact des investissements.

Inclusion des peuples autochtones et des communautés locales

Lors d’une séance de questions‑réponses, Meza a rappelé la création du Caucus des Peuples Autochtones et des Communautés Locales à Riyad, une avancée visant à intégrer les connaissances traditionnelles dans les réponses à la sécheresse. Elle a toutefois admis que le suivi de cet engagement demeure incertain et a appelé à la mise en place de plateformes permanentes, comme l’International Drought Resilience Alliance, pour garantir la participation continue de ces acteurs.

Le cas mongol : chaîne de risques et besoin de prévention

Le dialogue avec la présidente de la commission permanente de l’environnement du Parlement mongol a illustré la complexité locale. La Mongolie, habituée aux « dzuds » – hivers rigoureux causant de lourdes pertes de bétail – constate une augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses estivales, qui aggravent les pénuries de pâturages et alimentent une inflation alimentaire de 25,5 %. La représentante a appelé à un passage d’une approche réactive à une stratégie préventive, incluant la gestion intégrée des terres et de l’eau, le renforcement des systèmes d’alerte et un financement adéquat avant les catastrophes.

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