Le chef de la justice du Ghana, Paul Baffoe‑Bonnie, a déclenché une vive polémique après avoir évoqué, lors de visites au Fonds d’investissement des revenus miniers (MIIF) et à la Caisse de sécurité sociale (SSNIT), une comparaison entre la performance des institutions publiques sous le gouvernement actuel et celle des huit années précédentes. Les remarques ont été perçues comme un glissement vers le parti pris politique, relançant le débat sur la neutralité du pouvoir judiciaire.
Les propos tenus lors des visites au MIIF et au SSNIT
Au cours de deux déplacements officiels, le juge en chef a souligné que les résultats du MIIF et du SSNIT semblaient refléter une amélioration sous l’administration en place, tout en rappelant que les huit années antérieures avaient présenté des performances moins satisfaisantes. Aucun chiffre précis n’a été fourni, mais l’allusion à une évolution positive a été interprétée comme une évaluation comparative du gouvernement actuel par rapport à son prédécesseur.
Réactions du New Patriotic Party et de la société civile
Le parti d’opposition, le New Patriotic Party (NPP), a rapidement dénoncé les propos du chef de la justice, les qualifiant d’ingérence politique et d’atteinte à la neutralité attendue du pouvoir judiciaire. Des organisations de la société civile ont également exprimé leurs inquiétudes, rappelant que la crédibilité d’une justice indépendante repose sur son impartialité vis‑à‑vis des autorités exécutives. Le débat s’est intensifié sur les réseaux sociaux et dans les médias locaux, où la question de la séparation des pouvoirs a été largement débattue.
Clarification du Service judiciaire et enjeux pour l’indépendance
Face aux accusations, le Service judiciaire a publié une déclaration précisant que les observations du chef de la justice avaient été formulées « de bonne foi » et n’avaient pas pour but de compromettre l’indépendance du tribunal. Le porte‑parole a souligné que le rôle du juge était d’apporter un éclairage factuel sur le fonctionnement des institutions publiques, sans intention de juger politiquement le gouvernement. Cette réponse vise à rassurer les acteurs institutionnels et à éviter une escalade du conflit entre les branches du pouvoir.
Implications et suivi du débat
Si la controverse ne débouche pas sur une procédure officielle, elle pourrait néanmoins influencer la perception du public quant à la capacité du système judiciaire à rester neutre. Les observateurs juridiques suggèrent que le cas pourrait devenir un point de référence pour les futures interactions entre les hauts magistrats et les organes exécutifs, incitant à une plus grande prudence dans les prises de parole publiques. Le suivi de cette affaire dépendra des réactions politiques ultérieures et de la manière dont le Service judiciaire gérera les attentes de transparence et d’impartialité.