Construction au Sénégal : une chute de 22 % au T2 2026 face à une hausse de 10 % de l’industrie

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 67 lectures
Construction au Sénégal : une chute de 22 % au T2 2026 face à une hausse de 10 % de l’industrie

Le chiffre d’affaires du secteur de la construction au Sénégal a enregistré une forte contraction de 22,1 % au deuxième trimestre 2026, alors que l’industrie affichait une progression de 10,8 % sur la même période. Cette divergence signale un déséquilibre structurel entre deux piliers de l’économie nationale, avec des répercussions sur l’emploi, les investissements et la dynamique du marché immobilier.

Une chute marquée du chiffre d’affaires de la construction au T2 2026

Comparé à la même période de 2025, le secteur de la construction a vu son chiffre d’affaires baisser de 22,1 %. Après une légère hausse de 1,6 % au premier trimestre, portée par les activités spécialisées (+12,9 %) et les travaux d’installation (+14,8 %), le rebond s’est avéré éphémère. Au troisième trimestre 2025, la tendance était déjà à la baisse avec une chute de 4,3 % sur un an, et le génie civil avait chuté de 23,2 %.

Les composantes du secteur les plus touchées

Le recul s’explique par la détérioration de trois sous‑segments clés. Les activités spécialisées de construction ont perdu 38,7 %, le génie civil 29 % et la construction de bâtiments 11,9 %. Sur l’ensemble du premier semestre, le chiffre d’affaires du secteur s’est contracté de 10,2 % par rapport aux six premiers mois de 2025, confirmant la fragilité du rebond ponctuel du premier trimestre.

Un contraste net avec la dynamique industrielle

À l’inverse, l’industrie sénégalaise a progressé de 10,8 % au deuxième trimestre, portée par les manufactures (+13,3 %), les activités extractives (+7 %), la production d’électricité, de gaz et d’eau (+6,5 %) et les industries environnementales (+1,3 %). Sur les deux premiers trimestres de 2026, la croissance cumulée de l’industrie atteint 7,1 %, et hors coton et hydrocarbures, le chiffre d’affaires industriel a augmenté de 8 % sur un an. Cette performance contraste fortement avec la contraction du secteur de la construction, soulignant une réallocation des ressources et des investissements vers des activités à plus forte valeur ajoutée.

Impacts sur les services liés au logement et à l’immobilier

Le repli de la construction se reflète également dans les services d’hébergement et de restauration, qui ont reculé de 5,6 % au deuxième trimestre (hébergement -7,7 %, restauration -4,2 %). En revanche, les services immobiliers ont connu une hausse de 26,5 % sur un an, tirée par la location immobilière (+26,8 %) et les agences immobilières (+15,3 %). Cette dynamique indique que, malgré la contraction de la construction, la demande de biens immobiliers existants reste soutenue, offrant un potentiel de croissance pour les acteurs du marché locatif.

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