Les ventes de voitures neuves continuent de reculer alors que les prix ont grimpé de 30 % en six ans. Pour stimuler la demande, les constructeurs européens réinvestissent le segment d’entrée de gamme, proposant des modèles à moins de 15 000 €, tout en cherchant à contrer l’offensive croissante des marques chinoises en Europe.
Une hausse de 30 % des prix freine le renouvellement des véhicules
Depuis 2020, le prix moyen d’une voiture neuve a augmenté d’environ un tiers, poussant les consommateurs à conserver leurs véhicules plus longtemps ou à se tourner vers le marché de l’occasion. Cette dynamique a entraîné une baisse persistante des immatriculations, malgré un léger rebond observé en août 2026. Le coût élevé constitue aujourd’hui le principal frein à l’achat, surtout pour les ménages à revenu moyen.
Les constructeurs traditionnels misent sur l’entrée de gamme à moins de 15 000 €
Face à ce contexte, des marques comme Fiat, Citroën et Toyota ont lancé ou repositionné des modèles dont le prix de vente se situe sous la barre des 15 000 €, cherchant à regagner les acheteurs sensibles au prix. Dacia, qui domine déjà le segment avec la Sandero autour de 13 000 €, voit son modèle reproduit par d’autres acteurs européens. L’objectif est de récupérer la part de marché qui était autrefois concentrée sur le segment bas de gamme, passé de 4‑5 % à près de 20 % du total des ventes neuves.
L’offensive chinoise redéfinit le paysage concurrentiel européen
Les constructeurs chinois – MG, BYD, Chery et Leapmotor – ont rapidement élargi leur offre en Europe, proposant des véhicules hybrides et hybrides rechargeables à des tarifs très compétitifs. Selon Guillaume Crunelle, associé automobile chez Deloitte, la part de marché des marques chinoises est passée de 1 % à près de 10 % en quelques années, grâce à des coûts de production nettement inférieurs en Chine. Cette progression accélère la pression sur les constructeurs historiques, qui doivent ajuster leurs gammes pour rester pertinents.
Vers une régulation européenne des hybrides chinois
Le Financial Times rapporte que la Commission européenne envisage d’imposer des limites à l’exportation de voitures hybrides chinoises afin qu’elles ne dépassent pas 15 % de part de marché. Cette mesure viserait à protéger les constructeurs européens tout en garantissant une concurrence loyale. En attendant, les marques européennes intensifient leurs programmes hybrides et rechargeables, tout en conservant des prix attractifs pour ne pas perdre le segment le plus sensible aux coûts.