Un bilan financier en or. 1 311 millions de FCFA. Ce chiffre, présenté mardi devant les 145 conseillers municipaux sur 151, claque comme un étendard. Libreville affiche un résultat de gestion positif pour 2025, preuve que la capitale gabonaise maîtrise enfin ses finances. Mais derrière les chiffres, une question persiste : la transparence suffira-t-elle à convaincre les citoyens ?
Une session sous les projecteurs La salle du Conseil municipal vibrait ce mardi, sous la présidence d’Eugène Mba, maire de Libreville et président du Conseil. En présence de la gouverneure Marie-Françoise Dikoumba et des représentants des ministères de l’Intérieur et du Budget, l’exercice s’est imposé comme un moment clé : celui où la mairie rend des comptes après un an de gestion.
Dès l’ouverture, Mba a martelé l’enjeu : « Un exercice majeur de transparence. » Les mots résonnent. Dans un pays où la confiance envers les élites locales reste fragile, chaque virgule comptée devient un symbole. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1 311 527 394 FCFA de surplus, le fruit d’une gestion rigoureuse. Un exploit ? Peut-être. Mais suffit-il ?
Le complexe de Mindoubé : un pari économique risqué Au-delà des comptes, la session a scellé un autre engagement : la convention de concession du complexe commercial de Mindoubé. Présenté comme « un projet structurant », ce mégaprojet vise à booster l’attractivité économique de la capitale. Mais les doutes subsistent. Combien de fois les promesses immobilières ont-elles échoué ici ? « Renforcer le tissu commercial », répètent les discours. « Soutenir les activités locales », ajoutent les documents. Reste à voir si cette fois, les promesses se concrétiseront.
Libreville mise sur ce projet pour moderniser son administration et améliorer le quotidien des habitants. Mais dans un contexte où les infrastructures peinent souvent à suivre le rythme, cette annonce sonne-t-elle comme une réelle avancée… ou comme une nouvelle promesse en l’air ?
Transparence ? Oui. Mais jusqu’où ? La mairie insiste sur sa volonté de bonne gouvernance. Les comptes sont examinés, les délibérations adoptées, les représentants des ministères présents. Tout semble en ordre. Pourtant, la transparence ne se mesure pas seulement à des chiffres. Elle exige aussi des détails concrets : où va l’argent ? Comment est-il dépensé ? Qui en bénéficie vraiment ?
Eugène Mba rappelle que « la continuité du service public » reste une priorité. Une phrase qui résume l’enjeu : fidéliser les citoyens en temps de crise économique. Mais comment ? En affichant des résultats ? En promettant des projets ? Ou en donnant enfin à voir l’impact réel des dépenses publiques ?
Libreville a-t-elle enfin tourné la page des comptes opaques ? Les chiffres sont là. Les délibérations adoptées. Les discours pleins d’engagements. Pourtant, la confiance se construit dans la durée, et non en une seule session. Libreville a fait un pas vers la transparence. Mais suffira-t-il pour convaincre ?
Une chose est sûre : les citoyens attendent plus que des promesses. Ils veulent des résultats tangibles, des infrastructures fonctionnelles, et surtout, l’assurance que leurs impôts servent bien leur ville. La mairie a ouvert une page. Maintenant, il faut la remplir de faits, et non de belles paroles.
Et vous, Libreville : en êtes-vous convaincu ?