Depuis le mois d'août 2024, les groupes jihadistes JNIM, liés à al‑Qaïda, et l'État islamique du Sahel (EIS) s'affrontent violemment au Sahel. Le dernier affrontement, le vendredi 9 octobre à Gonadaouri dans la province burkinabè d'Oudalan, aurait fait plusieurs centaines de morts, soulignant une lutte pour l'idéologie et le contrôle du territoire à la frontière Mali‑Burkina.
Escalade des combats depuis août
Les premières escarmouches entre JNIM et l'EIS ont été signalées en août, marquant le début d'une série d'affrontements qui se sont intensifiés au fil des semaines. Les deux organisations, chacune rattachée à une idéologie différente (al‑Qaïda pour le JNIM, État islamique pour l'EIS), cherchent à imposer leur domination sur les zones frontalières du Sahel, où l'État est souvent absent.
Le combat de Gonadaouri, 9 octobre
Le vendredi 9 octobre, les forces du JNIM et de l'EIS se sont rencontrées à Gonadaouri, localité située dans l'extrême nord du Burkina Faso, à proximité de la frontière nigérienne. Selon les rapports locaux, les échanges de tirs ont duré plusieurs heures et ont entraîné un bilan de plusieurs centaines de victimes, civils et combattants confondus. Les autorités burkinabè n'ont pas encore publié de chiffres officiels, mais les témoignages sur le terrain confirment l'ampleur du carnage.
Idéologie et contrôle du territoire comme moteurs du conflit
Au cœur de cette rivalité se trouvent deux objectifs majeurs : la diffusion d'une idéologie religieuse distincte et la conquête de territoires stratégiques. Le JNIM, affilié à al‑Qaïda, vise à établir un espace de gouvernance basé sur son interprétation du djihad, tandis que l'EIS cherche à étendre le califat islamique tel que défini par l'État islamique. La maîtrise des zones frontalières permet aux deux groupes de contrôler les routes de contrebande, les points de passage pour les armes et les flux de financement.
Conséquences pour la sécurité régionale
Ces affrontements aggravent l'instabilité déjà chronique du Sahel, compliquant les efforts des forces armées burkinabè et maliennes ainsi que ceux des missions internationales présentes dans la région. Une escalade prolongée pourrait pousser les populations locales à se déplacer, accentuant les flux de réfugiés et augmentant la pression sur les structures d'accueil déjà fragiles. Les gouvernements de Bamako et Ouagadougou sont appelés à renforcer la coopération sécuritaire pour contenir la propagation de la violence.