Conflit foncier à Ogun : une exploitation avicole locale menacée par un projet d'investissement étranger

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 34 lectures
Conflit foncier à Ogun : une exploitation avicole locale menacée par un projet d'investissement étranger

La famille du défunt Alhaji Ganiyu Busari, propriétaire de Constancy Farms dans l'État d'Ogun, conteste vigoureusement la décision des autorités locales de réattribuer onze acres de leurs terres à une entreprise chinoise. Ce litige foncier met en lumière les tensions croissantes entre la protection des investissements agricoles locaux et la stratégie d'attraction des capitaux étrangers menée par le gouvernement de l'État.

Un bras de fer sur la légalité de l'occupation

La famille Busari affirme détenir des documents officiels attestant de l'acquisition légale du terrain et assure avoir entamé le règlement des frais d'évaluation requis par l'État. Selon Azeez Busari, l'un des héritiers, le conflit a pris une tournure critique en 2025, lorsque le gouvernement a notifié la réattribution de la parcelle à une société chinoise, déjà propriétaire de 40 acres adjacents. La famille dénonce des intimidations et des dégradations survenues sur le site, notamment la destruction partielle d'une clôture périmétrique en 2026, perçue comme une manœuvre de pression pour les contraindre au départ.

La position du gouvernement d'Ogun

De son côté, l'administration de l'État d'Ogun, par la voix de son conseiller spécial à l'information et à la stratégie, Kayode Akinmade, rejette ces accusations. Le gouvernement soutient que la révocation du titre de propriété est conforme à la loi, arguant que la famille a fait défaut en ne s'acquittant pas des frais d'acquisition dans les délais impartis. Les autorités précisent que, par mesure de « magnanimité », le nouvel investisseur aurait fait construire une nouvelle installation avicole pour la famille, une offre que cette dernière refuse de valider, préférant contester la procédure devant les médias.

Enjeux économiques pour une filière locale

L'exploitation, évaluée à plus d'un milliard de nairas, représente un outil de production significatif avec une capacité de 27 000 poules pondeuses et une unité d'élevage de 10 000 têtes. La famille souligne que cette activité, financée en partie par des prêts bancaires, constitue non seulement un héritage familial, mais aussi un moteur d'emploi local. Les propriétaires appellent désormais à une intervention du gouverneur Dapo Abiodun et du président Bola Tinubu, craignant que l'éviction forcée ne conduise à la ruine financière de leur entreprise au profit d'intérêts étrangers, une situation qu'ils jugent contradictoire avec les discours officiels encourageant l'entrepreneuriat agricole national.

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