Après plusieurs semaines de accusations croisées, les influenceuses sénégalaises Rox La Chancelière et Ramz Yago ont choisi de mettre fin à leurs différends en se présentant devant la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Malgré la réconciliation, la procédure judiciaire contre Ramz Yago demeure active, soulevant des questions sur la régulation du discours en ligne.
Confrontation à la DSC : un face‑à‑face orchestré
Le jeudi, les deux Tik‑Tokers ont été convoquées dans les locaux de la DSC, organisme chargé de la cybersécurité et de la lutte contre les contenus illicites. L’objectif était de permettre aux enquêteurs d’obtenir leurs versions respectives et, idéalement, de désamorcer le conflit. Au cours de la séance, chacune a présenté des excuses publiques à l’autre, marquant une rupture avec les accusations précédentes.
Retrait mutuel des plaintes et conséquences immédiates
Suite à cet échange, Rox La Chancelière et Ramz Yago ont officiellement retiré leurs plaintes réciproques. Rox, sortie de sa cellule du camp pénal de Liberté 6 pour assister à la rencontre, a été reconduite en détention dès la fin de la session. Le retrait des plaintes ne signifie pas la clôture de leurs dossiers, mais il suspend temporairement les procédures civiles liées aux accusations mutuelles.
Le dossier judiciaire de Ramz Yago : accusations de discours contre les bonnes mœurs
Ramz Yago reste, quant à elle, sous le coup d’une enquête distincte. Les autorités l’accusent de tenir des propos jugés « contraires aux bonnes mœurs » et d’avoir proféré des injures publiques. Elle doit comparaître ce vendredi devant le procureur Saliou Dicko, près le tribunal de Pikine‑Guédiawaye, où le parquet décidera de la suite à donner à ces charges. Aucun jugement n’a encore été rendu, mais la procédure pourrait aboutir à des sanctions pénales ou administratives.
Enjeux plus larges pour la régulation des contenus en ligne au Sénégal
Ce cas illustre les tensions croissantes entre liberté d’expression sur les plateformes numériques et les cadres légaux sénégalais visant à protéger l’ordre public et la morale. La DSC, en tant qu’autorité de cybersécurité, joue un rôle de médiateur mais aussi de régulateur, ce qui soulève des débats sur la proportionnalité des sanctions et la définition même de ce qui constitue un « discours contraire aux bonnes mœurs ». Les observateurs attendent de voir si la procédure contre Ramz Yago donnera lieu à un précédent juridique susceptible d’influencer la conduite des créateurs de contenu en ligne dans le pays.