On nous a appris à être raisonnables. À ne pas rêver trop grand. À gérer les États hérités, à attirer les investisseurs, à satisfaire les bailleurs de fonds. L’ambition d’une confédération africaine — un ensemble politique continental doté de véritables institutions communes — est présentée comme une utopie de rêmeurs romantiques. Pourtant, regardons le monde tel qu’il est : les puissances qui dominent sont celles qui se sont unies. L’Europe a construit son union. La Chine unifie son marché intérieur de 1,4 milliard d’habitants. Les États-Unis ont construit leur fédération il y a deux siècles. L’Afrique, elle, attend encore. Jusqu’à quand ?
Pourquoi l’unité n’est pas une option mais une équation de survie
Le changement climatique frappe l’Afrique de plein fouet alors qu’elle n’est responsable que de 3 % des émissions mondiales historiques. Les décisions prises à Bruxelles, Washington ou Pékin déterminent les prix des matières premières africaines. Les grandes puissances financent des conflits africains par procuration pour sécuriser des ressources. La technologie et l’intelligence artificielle concentrent la valeur ajoutée dans les pays riches. Dans ce contexte mondial, un pays africain seul — aussi grand et riche soit-il — ne possède pas le poids nécessaire pour s’imposer. La confédération n’est pas une idée belle. C’est une nécessité stratégique.
Ce que serait concrètement une confédération africaine
Contrèrement aux discours creux, une confédération africaine peut se définir précisément. Elle comporterait : une monnaie commune ou un mécanisme de change stabilisé entre monnaies africaines ; une politique étrangère concertée avec un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU ; une force de défense africaine intégrée rendant inutiles les bases militaires étrangères ; un marché commun numérique et industriel permettant développer des chaînes de valeur africaines ; des institutions éducatives et scientifiques communes capables de retenir les talents du continent. Ce n’est pas une planète Mars. Ce sont des objectifs concrets, atteignables, si la volonté politique existe.
Les obstacles réels : les élites nationales
Le principal obstacle à l’unité africaine n’est pas culturel, ni géographique, ni linguistique. Il est politique. Les élites nationales ont tout à perdre d’une intégration réelle : leurs prérogatives, leurs monopoles, leurs rentes, leurs réseaux de complicité avec les puissances étrangères. Un président africain qui cède une partie de sa souveraineté nationale à des institutions continentales perd du pouvoir personnel. Et le pouvoir personnel, dans le système politique africain actuel, est la fin ultime. C’est ce cercle vicieux qu’il faut briser.
Le chemin : pression des peuples, pas graces des chefs
L’unité africaine ne viendra pas d’en haut. Elle ne sera pas offerte par des chefs d’État qui n’en ont pas besoin. Elle devra être arrachée par des peuples qui en comprennent la nécessité. Cela passe par une éducation panafricaine massive, par des médias comme Kumba qui refusent les récits émiettés et nationaux, par des mouvements citoyens transfrontaliers, par des entrepreneurs africains qui construisent des entreprises continentales plutôt que nationales. La confédération africaine n’est pas une utopie. C’est l’objectif de toute une civilisation qui a décidé de se prendre en main. Nous y sommes. Le moment est maintenant.
Pourquoi l’unité n’est pas une option mais une équation de survie
Le changement climatique frappe l’Afrique de plein fouet alors qu’elle n’est responsable que de 3 % des émissions mondiales historiques. Les décisions prises à Bruxelles, Washington ou Pékin déterminent les prix des matières premières africaines. Les grandes puissances financent des conflits africains par procuration pour sécuriser des ressources. La technologie et l’intelligence artificielle concentrent la valeur ajoutée dans les pays riches. Dans ce contexte mondial, un pays africain seul — aussi grand et riche soit-il — ne possède pas le poids nécessaire pour s’imposer. La confédération n’est pas une idée belle. C’est une nécessité stratégique.
Ce que serait concrètement une confédération africaine
Contrèrement aux discours creux, une confédération africaine peut se définir précisément. Elle comporterait : une monnaie commune ou un mécanisme de change stabilisé entre monnaies africaines ; une politique étrangère concertée avec un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU ; une force de défense africaine intégrée rendant inutiles les bases militaires étrangères ; un marché commun numérique et industriel permettant développer des chaînes de valeur africaines ; des institutions éducatives et scientifiques communes capables de retenir les talents du continent. Ce n’est pas une planète Mars. Ce sont des objectifs concrets, atteignables, si la volonté politique existe.
Les obstacles réels : les élites nationales
Le principal obstacle à l’unité africaine n’est pas culturel, ni géographique, ni linguistique. Il est politique. Les élites nationales ont tout à perdre d’une intégration réelle : leurs prérogatives, leurs monopoles, leurs rentes, leurs réseaux de complicité avec les puissances étrangères. Un président africain qui cède une partie de sa souveraineté nationale à des institutions continentales perd du pouvoir personnel. Et le pouvoir personnel, dans le système politique africain actuel, est la fin ultime. C’est ce cercle vicieux qu’il faut briser.
Le chemin : pression des peuples, pas graces des chefs
L’unité africaine ne viendra pas d’en haut. Elle ne sera pas offerte par des chefs d’État qui n’en ont pas besoin. Elle devra être arrachée par des peuples qui en comprennent la nécessité. Cela passe par une éducation panafricaine massive, par des médias comme Kumba qui refusent les récits émiettés et nationaux, par des mouvements citoyens transfrontaliers, par des entrepreneurs africains qui construisent des entreprises continentales plutôt que nationales. La confédération africaine n’est pas une utopie. C’est l’objectif de toute une civilisation qui a décidé de se prendre en main. Nous y sommes. Le moment est maintenant.