Une affaire de falsification de signature, liée à une tentative d'escroquerie pour un poste administratif, a abouti à des condamnations à Dakar. Khardiata Tandian, accusée d'avoir falsifié la signature de l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko, a écopé d'une peine d'un an de prison ferme, tandis que son complice, Chérif Zeyni Habidin Sy, a été condamné à six mois avec sursis.
Contexte et faits marquants
L'affaire remonte à 2025, lorsque Khardiata Tandian, candidate au poste de directrice juridique du Fonds d'appui à l'investissement des Sénégalais de l'extérieur (Faise), a falsifié une lettre de recommandation en imitant la signature d'Ousmane Sonko, alors Premier ministre. Pour y parvenir, elle a d'abord scanné un bon de commande estampillé d'un cachet de la primature, avant de solliciter un complice, Chérif Zeyni Habidin Sy, pour reproduire ce cachet. Ce dernier, entrepreneur spécialisé dans la confection de cachets administratifs, a confirmé avoir reçu une commande via un mail contenant un bon de commande et un cachet présidentiel.
La supercherie a été démasquée lorsque l'administrateur du Faise, Khoureychi Abdoulaye Thiam, a contacté le Premier ministre pour vérifier l'authenticité de la lettre. Les investigations ont révélé que Khardiata Tandian avait déjà été impliquée dans des affaires similaires, bien qu'elle ait initialement nié ces antécédents avant de les reconnaître sous la pression du procureur.
Enjeux et perspectives judiciaires
Le tribunal correctionnel de Dakar a condamné Khardiata Tandian à deux ans de prison, dont un an ferme, pour tentative d'escroquerie, faux et usage de faux dans un document administratif. Son complice, Chérif Zeyni Habidin Sy, a été condamné à six mois de prison avec sursis pour complicité de contrefaçon des sceaux de l'État. La peine requise par le procureur visait une disqualification du délit de contrefaçon pour Tandian, mais le tribunal a retenu une condamnation distincte pour chaque prévenu.
Cette affaire soulève des questions sur la vulnérabilité des institutions face aux fraudes documentaires et sur l'efficacité des mécanismes de vérification des signatures et cachets administratifs. Elle rappelle également l'importance de la rigueur dans les procédures de recrutement des hauts fonctionnaires, où la falsification de documents peut fausser les décisions et porter atteinte à l'intégrité des administrations publiques.