Un retraité sénégalais de 73 ans, Cheikh Niang, a été victime d’une escroquerie après avoir confié un million de FCFA à un compatriote résidant en Suisse pour l’achat d’un véhicule d’occasion. L’affaire, qui s’est soldée par une condamnation pour abus de confiance, illustre les risques liés aux transactions financières transfrontalières, notamment lorsque les promesses de livraison ne sont pas tenues.
Un projet d’achat compromis par des promesses non tenues
Cheikh Niang, vivant à Touba, souhaitait utiliser ses économies pour acquérir un véhicule d’occasion. Selon les informations rapportées, il avait été mis en relation avec Moustapha Diop, surnommé « Diop le Suisse », un Sénégalais établi en Suisse. Ce dernier lui aurait proposé d’importer un véhicule depuis Montréal pour un montant d’un million de FCFA, une somme que le retraité a réussi à réunir en deux versements de 500 000 FCFA chacun, transmis par l’intermédiaire d’un ami commun.
Malgré les paiements effectués, aucune livraison n’a eu lieu. Les mois se sont écoulés sans que Cheikh Niang ne reçoive le véhicule promis. Les tentatives de contact avec Moustapha Diop, par téléphone ou via WhatsApp, sont restées sans réponse, jusqu’à ce que ce dernier bloque le numéro du retraité. Après près de deux années d’attente, le retraité a porté plainte, déclenchant une enquête qui a abouti à l’interpellation du prévenu.
Une condamnation après des explications jugées insuffisantes
Moustapha Diop a été interpellé à son retour au Sénégal pour la fête de la Korité 2025. Placé en garde à vue, il a été déféré au parquet de Diourbel, où il a été inculpé pour abus de confiance avant d’être incarcéré. Lors du procès, il a contesté avoir reçu la totalité du million de FCFA, affirmant n’avoir encaissé que 500 000 FCFA. Cette version a été contredite par l’ami intermédiaire, Matar Diop, qui a présenté des justificatifs de transfert au tribunal.
Pour justifier l’absence de livraison, Moustapha Diop a évoqué des difficultés avec les autorités douanières en Gambie, où il aurait prétendument envoyé le véhicule avant de le vendre pour 700 000 FCFA. Cette décision aurait été prise sans restituer l’argent à Cheikh Niang ni lui fournir le véhicule convenu. Le tribunal a finalement retenu l’accusation d’abus de confiance et condamné le prévenu à six mois d’emprisonnement, dont quinze jours ferme, assortis d’une obligation de restitution de la somme réclamée.
Cette affaire met en lumière les dangers des transactions financières non sécurisées, en particulier lorsque les parties impliquées résident dans des pays différents. Elle rappelle également l’importance de vérifier la fiabilité des intermédiaires et de privilégier les canaux officiels pour les achats à distance.