Condamnation confirmée pour l’ex-ministre malienne dans l’affaire de l’avion présidentiel

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 32 lectures
Condamnation confirmée pour l’ex-ministre malienne dans l’affaire de l’avion présidentiel

La Cour suprême du Mali a définitivement scellé le sort de l’ex-ministre Bouaré Fily Sissoko, condamnée à dix ans de prison ferme pour son rôle dans l’acquisition controversée d’un avion présidentiel et d’équipements militaires en 2014. Une décision judiciaire qui ravive les tensions autour des pratiques de l’ancien régime et interroge la crédibilité des efforts anticorruption menés par la junte militaire actuelle.

Un dossier emblématique de la corruption sous l’ère Keïta

L’affaire remonte à 2014, lorsque l’administration d’Ibrahim Boubacar Keïta, alors président du Mali, avait procédé à l’achat d’un avion présidentiel et de matériel militaire sans respecter les procédures d’appel d’offres. Ces transactions, estimées à près de 40 millions de dollars, avaient suscité l’indignation et entraîné des sanctions internationales, notamment un gel temporaire des décaissements du Fonds monétaire international. Bouaré Fily Sissoko, en tant que ministre de l’Économie et des Finances, avait été reconnue coupable de « faux en écriture, usage de faux et atteinte aux biens publics » par la Cour d’assises spéciale sur les crimes économiques et financiers en juillet 2025. Son pourvoi en cassation, rejeté mardi par la Cour suprême, confirme une peine lourde qui s’inscrit dans une logique de répression des abus de l’ancien pouvoir.

Cette condamnation s’ajoute à celle, par contumace, de Moustapha Ben Barka, ancien vice-président de la BOAD, condamné à la réclusion à perpétuité, ainsi qu’à plusieurs officiers impliqués dans le dossier. Ces verdicts illustrent l’ampleur des irrégularités reprochées à l’administration Keïta, régulièrement pointée du doigt pour son manque de transparence dans la gestion des finances publiques.

Un signal fort pour la junte militaire, mais des défis persistants

La confirmation de la peine de Bouaré Fily Sissoko intervient dans un contexte où la junte militaire au pouvoir depuis 2020 met en avant sa lutte contre la corruption pour justifier sa prise de contrôle. Ce procès, souvent cité comme un symbole de la moralisation de la vie publique, pourrait renforcer la légitimité de l’actuel gouvernement auprès d’une partie de l’opinion malienne. Cependant, les irrégularités supposées dans cette affaire, dont les montants exacts restent flous selon les sources, soulèvent des questions sur l’efficacité réelle des mécanismes de contrôle et de transparence mis en place.

L’appel aux juridictions internationales annoncé par l’avocat de l’ex-ministre ouvre une nouvelle phase juridique, susceptible de prolonger le débat sur la crédibilité des institutions maliennes. Alors que le Mali reste sous pression des partenaires internationaux pour réformer son secteur de la défense et améliorer la gouvernance, cette affaire rappelle les défis structurels qui persistent dans la lutte contre les pratiques corruptrices, malgré les condamnations symboliques.

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