Le gouvernement guinéen a officiellement lancé, ce samedi 29 août 2026, la démolition du Centre hospitalier universitaire (CHU) Ignace Deen à Conakry. Cette opération d'envergure, vieille de 124 ans, s'inscrit dans le cadre du programme de modernisation urbaine et sanitaire « Simandou 2040 » porté par les autorités nationales.
Un levier pour réduire les évacuations sanitaires
Pour le ministère de la Santé et de l'Hygiène publique, la destruction de cet établissement historique est une étape indispensable pour transformer le système de soins guinéen. L'objectif affiché est de doter le pays d'un plateau technique de référence sous-régionale, capable de prendre en charge des pathologies complexes actuellement traitées à l'étranger. La ministre Khaïté Sall a précisé que la nouvelle structure intégrera des services inédits en Guinée, tout en conservant, dans ses futurs plans architecturaux, une trace symbolique de l'identité historique du site.
Une restructuration urbaine globale à Kaloum
Le chantier est piloté conjointement par le ministère de l'Urbanisme, de l'Habitat et de l'Aménagement du Territoire. Le ministre Mohamed Lamine Sy Savané a souligné que cette démolition ne concerne pas uniquement l'hôpital, mais s'inscrit dans une refonte plus large de la capitale. Le site d'Ignace Deen, une fois libéré et sécurisé, sera intégré à un master plan incluant d'autres zones stratégiques comme Coronthie et la Cité Chemin de Fer. Ces espaces sont destinés à accueillir des infrastructures administratives et commerciales modernes visant à redéfinir la vitrine de Conakry.
Calendrier et perspectives de reconstruction
Les opérations de démolition devraient s'accélérer dans les prochains jours, les autorités prévoyant de libérer totalement les emprises foncières concernées d'ici la semaine prochaine. Si la disparition de l'édifice construit en 1902 marque la fin d'une époque pour le quartier de Kaloum, le gouvernement mise sur cette transition pour attirer des promoteurs immobiliers et renforcer l'attractivité de la capitale. La réussite de ce projet repose désormais sur la capacité de l'État à concrétiser rapidement la construction de ce nouvel hôpital de référence, présenté comme un pilier de la souveraineté sanitaire nationale.