La commission d'enquête Madlanga a tranché : le commandant provincial des Hawks au KwaZulu-Natal, Deenadayalan « Deena » Govender, devra témoigner en audience publique, rejetant ainsi sa demande de huis clos. Cette décision ouvre une séquence attendue dans une enquête qui met en lumière des accusations graves au cœur de la police sud-africaine.
Le rejet de la demande de huis clos
Govender avait sollicité l'autorisation de témoigner à huis clos devant la commission. Les responsables de la commission ont refusé cette requête, estimant que son audition devait se dérouler en audience ouverte. La commission a toutefois précisé qu'il ne serait pas obligé de révéler l'identité de témoins liés à l'enquête sur la présumée vol de cocaïne au sein des bureaux des Hawks à Port Shepstone.
Des accusations au plus haut niveau de la police
Lors de ses précédentes déclarations à la commission, Govender avait affirmé qu'un proche du ministre de la Police, Senzo Mchunu, avait exercé des pressions sur lui pour impliquer faussement le commissaire de police du KwaZulu-Natal, Nhlanhla Mkhwanazi, dans des fusillades policières survenues dans la province. Ces allégations, si elles sont établies, mettraient en cause l'intégrité de la chaîne de commandement et l'usage présumé de l'appareil policier à des fins de règlement de comptes internes.
Un enjeu institutionnel pour l'Afrique du Sud
Le ministre Mchunu a nié les allégations de tentative de mise en cause de Mkhwanazi. L'affaire dépasse désormais le cadre d'un simple différend entre responsables : elle touche à la crédibilité des Hawks, unité spécialisée dans les enquêtes sur la criminalité organisée, et à la confiance dans les institutions chargées de l'application de la loi. La commission Madlanga devra déterminer la véracité des faits rapportés et, à terme, formuler des recommandations susceptibles d'affecter la gouvernance sécuritaire du pays.
Une audition scrutée de près
Le témoignage public de Govender constitue une étape décisive pour la commission. En acceptant l'ouverture des débats, les enquêteurs privilégient la transparence sur la protection individuelle, tout en préservant l'anonymat des témoins sensibles. Les auditions à venir pourraient relancer le débat sur les méthodes d'influence au sein de la police sud-africaine et alimenter les appels à des réformes structurelles de la sécurité.