À mi-parcours du Programme d'action de Doha, les pays les moins avancés (PMA) peinent encore à peser significativement sur les échanges mondiaux, malgré des avancées réglementaires notables. Pour inverser cette tendance, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) préconise une refonte des stratégies de soutien, articulée autour de partenariats financiers accrus et d'une participation plus proactive aux négociations internationales.
Un accès aux marchés facilité mais des résultats encore limités
Depuis 2022, les membres de l'OMC ont multiplié les mesures pour favoriser l'intégration des PMA, notamment par l'accès en franchise de droits et des règles d'origine simplifiées. Si ces dispositifs ont permis des succès ponctuels, comme le développement de la transformation locale du soja au Togo ou de la farine de maïs en Zambie, le bilan global reste modeste. Les PMA ne représentent que 1,04 % des exportations mondiales de marchandises et 0,2 % des services numériques, soulignant un décalage persistant entre les opportunités offertes et la réalité économique sur le terrain.
L'impératif de sécuriser l'aide au développement
Le financement demeure le point de friction majeur. Alors que l'objectif mondial est de doubler l'aide au commerce d'ici 2031, les engagements ont reculé de 5 % ces cinq dernières années, tandis que l'aide publique au développement globale a chuté d'un quart l'an dernier. L'OMC insiste sur le fait que le financement privé, qui représente une part infime des investissements dans ces zones, ne peut se substituer au soutien concessionnel. Ce dernier est indispensable pour réduire les risques et préparer le terrain aux investissements productifs.
Renforcer l'expertise technique et la stratégie de négociation
Un autre levier identifié concerne la formation des acteurs locaux. Actuellement, 98 % de l'aide est allouée aux infrastructures, laissant seulement 2 % au renforcement des capacités de négociation. Pourtant, la formation de plus de 16 600 experts issus de 42 PMA depuis 2022 a déjà permis d'influencer des décisions clés au sein de l'OMC. L'enjeu est désormais de passer d'une posture défensive — visant uniquement à se protéger des contraintes — à une stratégie offensive, permettant aux PMA de saisir les opportunités offertes par le commerce numérique et la facilitation des investissements.
Vers une réforme inclusive du commerce mondial
La participation des PMA aux nouveaux accords, comme celui sur le commerce électronique, reste faible. Pour l'OMC, la réforme du système commercial mondial ne pourra être durable que si elle intègre pleinement ces économies. Le défi pour les années à venir sera de transformer ces pays en acteurs capables de définir leurs propres priorités commerciales, plutôt que de simples bénéficiaires de mesures d'accompagnement.