Le gouvernement canadien intensifie ses efforts diplomatiques à Washington pour conclure un accord commercial avant l'expiration du sursis accordé par Donald Trump. Alors que la menace de droits de douane de 50 % plane sur les échanges transfrontaliers, les négociateurs canadiens tentent de préserver les intérêts stratégiques du pays tout en répondant aux exigences américaines.
Négociations sous haute tension
Le ministre Dominic LeBlanc a confirmé la tenue de discussions prolongées avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer. Si le contenu précis des échanges demeure confidentiel, la délégation canadienne, menée par la négociatrice en chef Janice Charette, poursuit un travail acharné pour obtenir une entente satisfaisante. L'enjeu est critique : le délai accordé par la Maison-Blanche pour éviter l'imposition de taxes punitives expire dans la nuit de vendredi à samedi.
Le point de friction de la gestion de l'offre
Le secteur agricole, et plus particulièrement la gestion de l'offre, constitue l'un des dossiers les plus sensibles. La secrétaire américaine à l'Agriculture, Brooke Rollins, a réitéré la volonté de Washington de bousculer ce système, jugé préjudiciable aux producteurs américains. Malgré les inquiétudes exprimées par certains acteurs politiques, comme le Bloc Québécois, le gouvernement fédéral maintient que le modèle canadien demeure intact, une position soutenue par des représentants libéraux issus du milieu agricole qui se disent confiants quant à la protection de leurs intérêts.
Coordination avec les provinces et le Mexique
Parallèlement, le premier ministre Mark Carney orchestre une concertation nationale. Il a sollicité les provinces pour ajuster certaines politiques d'approvisionnement, notamment concernant la vente d'alcool américain, une demande perçue comme une concession directe issue des tables de négociation. La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a souligné avoir obtenu des clarifications, tout en rappelant les lignes rouges de sa province. Enfin, le Canada renforce ses liens avec le Mexique, partenaire clé au sein de l'ACEUM, afin de stabiliser les perspectives économiques nord-américaines face à l'incertitude actuelle.