Le Nigeria, qui possède le plus grand secteur d’élevage d’Afrique de l’Ouest, voit son espérance de vie moyenne chuter à 55 ans, bien en dessous de la moyenne mondiale. Selon le texte, la mauvaise gestion des abattoirs, qui laisse passer des viandes contaminées, constitue un facteur silencieux mais majeur de cette situation.
Des inspections vétérinaires quasi inexistantes
Dans la plupart des villes nigérianes, les abattoirs relèvent juridiquement des autorités locales, mais le financement et le personnel vétérinaire y sont très limités. Les vétérinaires disponibles doivent couvrir plusieurs collectivités, ce qui les empêche de réaliser les inspections pré‑mortem (examen clinique avant l’abattage) et post‑mortem (examen des organes après l’abattage). En l’absence de ces contrôles, des animaux malades ou même gestants sont abattus et leur viande entre dans la chaîne alimentaire.
Contamination de la viande et risques pour la santé
Les pratiques d’hygiène dans les abattoirs sont décrites comme déplorables : absence d’équipements de protection, drains ouverts, présence de déjections, eau contaminée et gestion anarchique des déchets. Cette situation favorise la présence de pathogènes tels que la tuberculose, la brucellose, la salmonellose, E. coli, parasites et résidus chimiques. L’exposition quotidienne à ces agents provoque des infections gastro‑intestinales, des lésions hépatiques et rénales, une immunodépression et, à long terme, une réduction de l’espérance de vie, surtout chez les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées.
Conséquences économiques d’une viande non sécurisée
Au-delà du fardeau sanitaire, le manque de conformité aux normes de sécurité alimentaire compromet les exportations. Les services diplomatiques étrangers considèrent la viande nigériane comme non sécurisée, ce qui décourage les importations et fait perdre au pays des recettes en devises, des emplois dans la chaîne de valeur de l’élevage et la crédibilité sur les marchés internationaux. Le secteur, estimé à 30 000 milliards de nairas, reste donc sous‑exploité faute de confiance.
Vers une réforme structurée du système d’abattage
Le texte propose plusieurs axes d’intervention : réviser le cadre légal pour que les États et le gouvernement fédéral partagent la responsabilité de la supervision, placer les vétérinaires à la tête des opérations d’abattage, former et certifier les bouchers aux bonnes pratiques de biosécurité, et moderniser les infrastructures (eau courante, traitement des déchets, chaîne du froid). Il recommande également d’étendre les programmes de contrôle des maladies transfrontalières, d’augmenter les effectifs vétérinaires et de lancer une campagne nationale d’éducation à la sécurité alimentaire dans le cadre du concept « One Health ».
Impact potentiel sur l’espérance de vie
En réduisant la charge de maladies zoonotiques et chroniques liées à la consommation de viande contaminée, la productivité nationale pourrait augmenter, la pauvreté diminuer et l’accès aux soins s’améliorer. Cette dynamique créerait un cercle vertueux qui, selon l’auteur, permettrait à la population nigériane de gagner plusieurs années d’espérance de vie, à condition que la sécurité alimentaire devienne une priorité nationale plutôt qu’une simple préoccupation locale.