La montée des forces populistes en Europe met à l'épreuve les partis traditionnels, mais certains réussissent à maintenir leur position.
Les partis scandinaves : un modèle de résilience
En Suède et au Danemark, les partis sociaux-démocrates restent dominants, malgré la concurrence. L'Espagne et le Portugal voient leurs partis traditionnels résister aux irruptions de forces extrémistes. Le cas de la Grèce est également notable, avec la Nouvelle Démocratie en tête des sondages.
Stratégies gagnantes
Selon Tobias Gerhard Schminke, ces partis ont adopté des stratégies politiques efficaces. Ils ont repris à leur compte les thèmes de l'immigration et de l'ordre public, traditionnellement associés à l'extrême droite. La gestion sérieuse de l'État et la compétence perçue jouent également en leur faveur.
Le charisme des dirigeants est un facteur clé. La popularité de Manuela Schwesig en Allemagne ou de Kyriakos Mitsotakis en Grèce contribue à la force de leur parti. De même, la Coalition civique en Pologne doit en partie son succès à l'aura de son chef, Donald Tusk.
Facteurs structurels
François Hublet souligne l'importance des facteurs structurels : le nombre de militants, l'ancrage dans la société et l'économie, ainsi que le système électoral. Ces facteurs permettent à certains partis de survivre plus longtemps, bien que cela ne garantisse pas une immunité contre un éventuel effondrement.
Le dilemme du cordon sanitaire
Les stratégies d'accommodation avec les thèses extrémistes sont généralement inefficaces, voire contre-productives. Cependant, dans certains cas, des alliances avec des partis radicaux plus petits peuvent fonctionner, comme en Espagne et en Croatie.
Le cordon sanitaire contre l'extrême droite est efficace tant que les radicaux restent faibles. Mais lorsqu'ils deviennent puissants, il peut nuire aux partis modérés en les forçant à s'allier, diluant ainsi leur identité. En Wallonie, où le cordon sanitaire est strict, l'extrême droite est limitée.
Réalignement politique
L'Europe connaît un réalignement politique autour de questions sociétales et culturelles. Certains partis traditionnels ont disparu, tandis que d'autres, bien que moins influents, restent importants. Ils doivent désormais penser l'avenir de la démocratie européenne avec de nouveaux acteurs.