CNDH : Amsatou Sow Sidibé exige plus de moyens et de réformes face au président sénégalais

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 35 lectures
CNDH : Amsatou Sow Sidibé exige plus de moyens et de réformes face au président sénégalais

Pour la première fois en 25 ans, la présidente de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) a rompu publiquement le silence devant le président de la République, lors d’une cérémonie officielle au Palais de la République. Elle y a remis les rapports d’activités 2023-2024 et 2025, marquant un tournant dans la reddition de comptes institutionnelle.

Une institution pionnière en Afrique, mais fragilisée

Créée en 1970 sous l’impulsion du juge Kéba Mbaye, la CNDH sénégalaise incarne une tradition de promotion des droits humains en Afrique. Pourtant, son statut a été rétrogradé du niveau « A » au niveau « B » en 2012, en raison de non-conformités aux Principes de Paris, une situation qui persiste depuis quatorze ans. Malgré ces obstacles, la présidente Amsatou Sow Sidibé a salué les progrès récents : adoption d’une loi en 2024, nomination transparente, augmentation progressive du budget et paiement des arriérés de cotisations depuis 2007. Ces avancées, bien que significatives, restent insuffisantes face aux défis structurels.

Les rapports 2023-2025 dressent un bilan contrasté. Si des progrès sont notés en matière de gouvernance et d’accès à la justice, les tensions sociopolitiques de 2021-2024, la surpopulation carcérale et les violations des droits des enfants et des personnes handicapées persistent. La CNDH a formulé des recommandations clés, dont l’adoption du Code de l’enfant, la lutte contre les violences faites aux femmes et la mise en conformité avec la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

Des besoins urgents et une demande de réaccréditation

Face à un budget annuel de 260 millions de francs CFA jugé insuffisant, la présidente a sollicité un siège fonctionnel, un rang protocolaire pour l’institution et l’adoption des décrets fixant les indemnités des commissaires. Elle a également demandé l’appui du président pour la ré-accréditation au statut « A », condition sine qua non pour renforcer la crédibilité internationale de la CNDH. Par ailleurs, l’édition 2026 du Prix national des droits de l’Homme sera dédiée aux personnes handicapées, avec une demande d’institutionnalisation de ce prix.

Cette cérémonie marque une étape symbolique dans le dialogue entre l’État et la CNDH, mais son efficacité dépendra désormais de la concrétisation des engagements pris. La balle est désormais dans le camp des autorités pour transformer ces avancées institutionnelles en progrès tangibles pour les citoyens.

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