Clarisse Agbégénou, sextuple championne du monde de judo, a fait son retour sur le circuit international lors du Grand Chelem de Lausanne, seulement cinq mois après la naissance de son deuxième enfant. La Française mise sur une sélection ciblée pour atteindre les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, tout en conciliant maternité et haut niveau.
Un retour précipité mais maîtrisé
Après l'arrivée de son fils Dakota en mars, la judokate a repris l'entraînement physique dès huit jours après l'accouchement, grâce à un suivi médical et à des préparations spécifiques, notamment le travail du périnée avant la reprise. Cette approche lui a permis de limiter la perte de forme et de retrouver rapidement un niveau de compétition, selon ses propres déclarations lors d'une interview à Vichy.
Le Grand Chelem de Lausanne comme tremplin
Le samedi du Grand Chelem, Agbégénou a affronté la Hongroise Kriza, classée 66e mondiale, ainsi que la judoka de l'équipe des réfugiés, Balali, classée 293e. Malgré une chute à la 65e place du classement mondial, conséquence de son interruption maternité, la Française a montré qu'elle pouvait rivaliser avec le podium mondial. Les prochains tirages la placeront potentiellement contre la Russe Liluashvili (27e) puis contre la Néerlandaise Van Lieshout, tête de série numéro 1.
Objectifs à moyen terme : Championnats du monde et qualification olympique
Agbégénou a déjà obtenu sa sélection pour les championnats du monde qui se tiendront en Azerbaïdjan début octobre, avant même son passage à Lausanne. La Fédération française de judo a salué son implication et son état de forme actuel, soulignant que la sélection repose sur le présent et non sur le passé. À 33 ans, la championne mise sur le yoga, le pilates et le renforcement des muscles profonds pour préserver son corps, conscient que la récupération devient plus exigeante avec l'âge.
Stratégie pour Los Angeles 2028
La qualification pour les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028 a débuté en juin. Agbégénou insiste sur la nécessité de choisir les compétitions « au bon moment » afin d'éviter une surcharge de déplacements. Elle prévoit de s’inscrire uniquement aux tournois où elle estime pouvoir performer, afin de maximiser ses chances de qualification tout en préservant son équilibre familial, notamment les nuits fragmentées et les siestes rares avec deux jeunes enfants.