Dans le sud de la Cisjordanie occupée, les forces israéliennes ont procédé mercredi à la démolition totale de Khirbet al-Tabban, rasant les 12 habitations du village et la majorité de ses infrastructures. Environ 70 personnes se retrouvent sans abri, sans accès à l'eau ni à l'assainissement. Face à cette destruction, les résident·es affirment leur détermination à rester sur leurs terres.
Une opération surprise qui rase le village
Les forces israéliennes sont arrivées sans préavis dans ce petit village de la région de Masafer Yatta, dans le sud de la Cisjordanie occupée. En quelques heures, les 12 maisons ont été détruites, ainsi que les enclos pour animaux, les réservoirs d'eau et les installations essentielles. Une femme a été vue assise sous un camion-benne pour se protéger de la chaleur, entourée des affaires qu'elle avait réussi à sauver.
Nidal Younis, responsable du conseil de Masafer Yatta, qualifie cette démolition de « balaïage du village de la surface de la terre ». Il met en garde : les résident·es dorment désormais à la belle étoile, sans infrastructure pour faire face aux vents forts et au froid qui approchent, particulièrement dangereux pour les enfants, les femmes, les personnes âgées et les malades.
« Nous reconstruirons »
Nasser Mahmoud Obeid, résident de Khirbet al-Tabban, se souvient d'une précédente démolition majeure en 1999. Né dans le village en 1977, il y a vu naître son père et son grand-père. Malgré l'ordre de quitter les lieux lancé par les forces israéliennes mercredi matin, il a commencé à dégager les décombres dès leur départ.
« C'est notre terre, et c'est ici que nous bâtirons et rebâtirons », affirme-t-il. « Vous pouvez voir ce que nous faisons. Nous n'avons pas perdu espoir, et nous ne le perderons pas. »
Une décision de justice de 2022 qui plane
Israël justifie ces démolitions par le caractère non autorisé des constructions. En zone C de Cisjordanie occupée, obtenir une autorisation de construire est quasi impossible pour les Palestinien·nes, même en dehors des zones militaires. Cette opération s'inscrit dans un contexte juridique tendu : une décision de justice israelienne de 2022 a autorisé le déplacement des résident·es de Masafer Yatta, une région désignée comme zone de tir militaire il y a des décennies.
Nidal Younis craint que ce qui est arrivé à Khirbet al-Tabban ne se répète dans d'autres villages de la région. « L'objectif, tel que nous le voyons, est de déplacer les Palestinien·nes et de changer la réalité de ces territoires », souligne-t-il.