Une coalition de cinq pays membres de l'Union européenne, composée de la Grèce, du Danemark, de l'Autriche, de l'Allemagne et des Pays-Bas, projette de mettre en œuvre un dispositif d'expulsion des demandeurs d'asile déboutés vers des États tiers. Ce projet, dont la phase pilote est envisagée pour le premier semestre 2027, marque une volonté accrue de ces gouvernements de durcir leur gestion des flux migratoires.
Un calendrier opérationnel pour 2027
Le ministre grec des Migrations, Thanos Plevris, a confirmé que ces cinq nations travaillent activement à la conclusion d'un accord avec un pays partenaire d'ici la fin de l'année 2026. L'objectif affiché est de rendre le dispositif opérationnel dès 2027. Contrairement à certains modèles de centres fermés, le projet repose sur l'idée que les personnes déboutées du droit d'asile puissent être transférées soit vers leur pays d'origine, soit vers un pays tiers désigné, sans pour autant préciser la nature exacte des infrastructures d'accueil dans ces États partenaires.
Le Rwanda et d'autres options à l'étude
Bien qu'aucune destination n'ait été officiellement confirmée par les autorités européennes, des sources diplomatiques pointent vers le Rwanda comme partenaire privilégié. L'Ouganda et l'Ouzbékistan figureraient également parmi les options analysées par ce groupe de pays. De son côté, Kigali a admis l'existence de discussions préliminaires avec plusieurs États européens, sans toutefois valider un accord définitif à ce stade.
Les défis juridiques et diplomatiques
Cette initiative s'inscrit dans un contexte international marqué par des tentatives similaires, souvent confrontées à des obstacles judiciaires majeurs. Le précédent britannique, qui visait à transférer des demandeurs d'asile au Rwanda, a été paralysé par des années de contentieux devant les tribunaux. Parallèlement, l'Italie a opté pour un accord avec l'Albanie, tandis que les États-Unis ont multiplié les accords d'expulsion vers des pays tiers, incluant le Soudan du Sud, l'Eswatini et le Rwanda, suscitant des contestations juridiques répétées. Le financement du projet européen sera, dans un premier temps, assuré exclusivement par les cinq pays initiateurs, avec l'ambition d'impliquer la Commission européenne à une étape ultérieure.