Cinq ans après le coup d'État en Guinée, le bilan contrasté de la présidence de Mamadi Doumbouya

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 61 lectures
Cinq ans après le coup d'État en Guinée, le bilan contrasté de la présidence de Mamadi Doumbouya

Cinq ans après le coup d'État du 5 septembre 2021, la Guinée sous la présidence de Mamadi Doumbouya présente un visage marqué par une dualité profonde. Si le pays s'impose comme une destination majeure pour les investissements miniers sur le continent, la gestion politique et le respect des libertés publiques suscitent une vive opposition.

Une dynamique économique portée par le secteur minier

Sur le plan économique, le bilan de l'administration Doumbouya se distingue par une performance notable dans le secteur extractif. La Guinée occupe désormais la première place en Afrique subsaharienne en matière d'investissements directs étrangers. Cette dynamique, portée par des engagements massifs des partenaires internationaux, constitue le socle de la stratégie de développement affichée par le chef de l'État, qui déclarait au lendemain de sa prise de pouvoir vouloir construire le « soubassement » du pays.

Tensions persistantes sur les libertés et les droits humains

À l'opposé de ces indicateurs économiques, le climat social et politique est marqué par une restriction sévère des libertés. Les manifestations sont officiellement interdites et les organisations de la société civile, à l'instar du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), dénoncent un recul démocratique. Le bilan fait état de près de 30 disparitions forcées, incluant des figures militantes. La découverte récente d'une fosse commune dans la région de Forécariah, sans avancée judiciaire notable, cristallise les critiques des défenseurs des droits humains qui réclament des enquêtes transparentes.

La justice au cœur des controverses politiques

La promesse initiale de faire de la « justice une boussole » est aujourd'hui remise en question par les acteurs de la société civile. Le traitement des dossiers judiciaires sensibles, notamment la radiation et la détention du juge Algassimou Diallo, figure centrale du procès du 28 septembre, alimente les tensions. Pour ses détracteurs, le pouvoir actuel s'est éloigné de son engagement initial de transition vers un régime civil, préférant une gouvernance sans partage. Élu en décembre dernier avec plus de 86 % des voix lors d'un scrutin boycotté par les principaux partis d'opposition, Mamadi Doumbouya a réaffirmé fin août sa détermination à poursuivre sa mission à la tête de l'État guinéen.

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