Les recettes de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) ont chuté de 77,58 % en 2025, atteignant 2 170 milliards de nairas, le niveau le plus bas depuis quatre ans. Cette décélération résulte de l’entrée en service de la méga‑raffinerie Dangote et de la libéralisation totale du marché pétrolier nigérian, qui ont déclenché une guerre des prix dans le secteur aval.
Une perte de revenus sans précédent pour la NNPC
Les données compilées par Jeune Afrique montrent que les ventes de produits pétroliers de la NNPC ont reculé de 77,58 % en 2025, faisant passer le chiffre d’affaires à 2 170 milliards de nairas. Ce creux représente la plus faible performance de l’entreprise depuis 2021, mettant en lumière la vulnérabilité de la compagnie face aux nouvelles dynamiques du marché.
Le rôle décisif de la raffinerie Dangote
Inaugurée récemment, la raffinerie Dangote, la plus grande d’Afrique, a introduit une capacité de production locale capable de satisfaire une part importante de la demande intérieure en carburants. En réduisant la dépendance aux importations, elle a exercé une pression à la baisse sur les prix pratiqués par les acteurs historiques, dont la NNPC, TotalEnergies et Conoil, qui doivent désormais rivaliser avec des coûts de production plus compétitifs.
Libéralisation du marché : une concurrence accrue
Le gouvernement nigérian a achevé la libéralisation complète du secteur pétrolier, ouvrant le marché à de nouveaux entrants et à la concurrence entre les raffineurs. Cette réforme a intensifié la bataille des prix, obligeant les acteurs établis à revoir leurs marges et leurs stratégies commerciales. La NNPC, historiquement dominante, se retrouve confrontée à une perte de parts de marché et à une réduction de ses marges bénéficiaires.
Conséquences pour l’économie nigériane
La chute des revenus de la NNPC a des répercussions sur les finances publiques, le secteur public dépendant largement des dividendes de la compagnie nationale. En outre, la dynamique de prix plus bas bénéficie aux consommateurs, mais elle met également sous pression les recettes de l’État, qui devra compenser la perte de revenus par d’autres sources fiscales ou par des réformes budgétaires.