Lors d’une conférence de presse suivant l’annonce d’une nouvelle hausse des taux directeurs, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a dénoncé la proposition de Jean‑Luc Mélenchon d’annuler la dette française détenue par la BCE, la qualifiant de « vraiment pas une bonne idée » et de violation du traité européen.
Réaction de la présidente de la BCE
Christine Lagarde a souligné que la mesure envisagée constituerait une « violation pure du traité » qui régit l’Union européenne. Elle a rappelé que, selon l’article 123 du traité constitutif de l’UE, la BCE n’est pas autorisée à annuler la dette d’États membres qu’elle a préalablement rachetée. En qualifiant la proposition de « vraiment pas une bonne idée », la présidente a placé la discussion dans le cadre juridique et de stabilité monétaire.
Cadre juridique du traité européen
L’article 123 du traité de l’Union européenne interdit explicitement à la BCE d’acquérir ou d’annuler des titres de dette souveraine afin d’éviter toute forme de financement monétaire direct des États. Cette clause vise à préserver l’indépendance de la banque centrale et à garantir la confiance des marchés. Toute dérogation à ce principe serait perçue comme une atteinte à la règle d’or du financement public, avec des répercussions potentielles sur la crédibilité de la zone euro.
Historique et portée de la proposition de Mélenchon
Jean‑Luc Mélenchon, leader de La France insoumise et candidat à l’élection présidentielle de 2027, a relancé une idée déjà évoquée lors de sa campagne de 2022. Fin août, il a déclaré : « Il suffit d’aller à la Banque de France, de prendre les titres de dette et de les foutre au feu ». Cette rhétorique vise à mobiliser l’électorat autour d’une solution radicale à la dette publique, mais elle heurte les contraintes institutionnelles européennes.
Implications pour la confiance économique française
Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a averti que l’annulation de la dette « détruirait l’actif le plus important » de la France, à savoir la confiance. Le prix Nobel d’économie 2025, Philippe Aghion, a également qualifié la proposition de « catastrophique ». Si la mesure était mise en œuvre, elle risquerait de fragiliser la perception des investisseurs étrangers, d’alimenter une hausse des primes de risque et de compliquer les futures opérations de financement de la France au sein de l’UE.