Une équipe du Hôpital général de l'Armée populaire de libération a utilisé, pour la première fois au monde, un robot à ultrasons piloté par intelligence artificielle afin de fermer une communication interauriculaire. L’intervention, réalisée en 25 minutes, montre comment l’IA peut stabiliser l’imagerie et assister le chirurgien sans en prendre la décision finale.
Une malformation cardiaque difficile à traiter par cathéter
Le patient présentait une communication interauriculaire, c’est‑à‑dire un orifice anormal entre les deux cavités supérieures du cœur. Les spécialistes avaient d’abord envisagé une chirurgie à cœur ouvert, car la forme du défaut laissait peu de marge de manœuvre pour placer un occluder via un cathéter traditionnel. La précision requise pour positionner le dispositif était donc un obstacle majeur.
Le robot à ultrasons piloté par IA : fonctionnement et rôle pendant l’intervention
Les médecins ont fixé une sonde à ultrasons sur un bras robotisé. L’IA intégrée a analysé en temps réel les images, identifié automatiquement le défaut et maintenu la sonde d’une stabilité impossible à atteindre manuellement. Elle a également produit une reconstruction 3D du cœur, permettant aux chirurgiens de choisir la trajectoire optimale. Le robot a ainsi assuré l’imagerie et le guidage, tandis que l’équipe médicale a sélectionné la taille de l’occludeur et l’a implanté sous la supervision de l’IA.
Enjeux cliniques et perspectives de l’assistance robotique en cardiologie
Selon Zhu Hang, directeur adjoint du service des cardiopathies structurelles, l’automatisation de la sonde réduit la fatigue et améliore la constance de l’image, deux facteurs critiques lors d’interventions délicates. Bien qu’il n’existe aucun précédent clinique comparable, la réussite ouvre la voie à des essais plus larges sur d’autres malformations congénitales. Des travaux antérieurs, comme le robot d’échographie carotidienne développé en 2025 par l’université Tsinghua, démontrent déjà un taux de succès supérieur à 90 % sur des patients aux morphologies variées. La prochaine étape consistera à valider la méthode sur un plus grand nombre de cas et à intégrer progressivement cette technologie dans les pratiques hospitalières, tout en maintenant le contrôle décisionnel entre les mains des médecins.