Le groupe pétrolier américain Chevron a officialisé un plan d'investissement de 7 milliards de dollars sur les cinq prochaines années au Venezuela. Cette stratégie vise à accroître significativement sa production pour atteindre 600 000 barils par jour, en s'appuyant sur l'exploitation de nouveaux gisements situés dans la région de l'Orénoque.
Une montée en puissance industrielle
Présent au Venezuela depuis plus d'un siècle, Chevron entend doubler sa production par rapport aux niveaux observés en 2026. Cette accélération s'articule autour de la société Petroindependencia, détenue à 49 % par le groupe américain. Les accords conclus avec les autorités locales portent sur trois sociétés communes, garantissant un cadre pour le développement de projets à long terme. Depuis le début de l'année, la compagnie a déjà enregistré une progression de 15 % de ses volumes, atteignant environ 270 000 barils par jour en juillet dernier.
Le pivot stratégique de Washington
Cette expansion industrielle coïncide avec une présence accrue des autorités américaines à Caracas. Le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, a récemment effectué une visite officielle dans le pays. Parallèlement, un accord distinct a été conclu avec la société North American Blue Energy Partners (NABEP), soutenue par les États-Unis. Ce contrat, qui n'a pas fait l'objet d'un appel d'offres, octroie un bail de 100 ans sur 17 gisements pétroliers, représentant environ 65 milliards de barils de réserves.
Un contexte géopolitique complexe
L'exploitation des ressources vénézuéliennes, qui détient les plus grandes réserves mondiales estimées à plus de 300 milliards de barils, s'inscrit dans une nouvelle dynamique politique. Depuis la capture de l'ancien président Nicolas Maduro en janvier dernier, l'administration américaine cherche à restructurer l'accès aux hydrocarbures du pays. Si la production actuelle plafonne à 1,2 million de barils par jour, loin de son pic historique de 3 millions, ces nouveaux investissements marquent une volonté de Washington de reprendre la main sur le secteur énergétique vénézuélien, après une période marquée par des embargos et des révocations de licences d'exploitation.