Un ancien militant panafricain critique l’évolution politique de Cheikh Tidiane Gadio, soulignant ses prises de position controversées sur le Sahara occidental et ses liens avec la Mauritanie.
Un parcours marqué par l’engagement panafricain
Dès les années 1960, les mouvements And Jëf au Sénégal et le MND en Mauritanie ont défendu des causes communes, notamment le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. C’est dans ce contexte que l’auteur, militant de l’ADESMAF, a croisé Cheikh Tidiane Gadio en 1979-1980, alors étudiant à Paris et membre de l’AESEF. Leurs positions sur le Sahara occidental étaient alors alignées, reflétant une vision révolutionnaire et anti-impérialiste partagée par les deux associations. Cette période a forgé une amitié et une complicité idéologique qui, avec le temps, se sont distendues.
L’évolution politique de Gadio, devenu diplomate influent, contraste avec ses engagements de jeunesse. L’auteur lui reproche d’avoir abandonné les principes fondateurs de leur lutte commune, notamment en minimisant l’importance de la cause sahraouie ou en adoptant des positions jugées opportunistes. Une sortie récente, où il évoquait une proximité géographique imaginaire entre le Maroc et le Sénégal pour justifier ses prises de position, a particulièrement heurté l’auteur, qui y voit une trahison des idéaux passés.
Diplomatie et mémoire : entre réalisme et révisionnisme
L’auteur reconnaît à Gadio son rôle dans la résolution de la crise constitutionnelle sénégalaise de 2008, aux côtés du président Wade. Cependant, il rejette l’idée que la Mauritanie ait frôlé une guerre civile à cette époque, malgré les tensions politiques. Pour lui, cette affirmation relève d’une exagération visant à magnifier l’impact de Gadio, alors que la stabilité mauritanienne reposait sur des dynamiques internes plus complexes.
Au-delà des divergences politiques, l’auteur souligne les liens personnels et familiaux de Gadio avec la Mauritanie, rappelant que les relations entre les deux peuples transcendent les querelles partisanes. Il met en garde contre ceux qui pourraient exploiter ces désaccords pour attiser des tensions historiques, insistant sur la nécessité de tourner la page des conflits du passé. Pour les peuples sénégalais et mauritanien, l’unité et la coopération restent prioritaires, malgré les erreurs de parcours individuelles.