L'ancien ministre de l'Enseignement supérieur, Cheikh Oumar Hann, a officiellement décliné la convocation de la commission d'enquête parlementaire chargée d'auditer le programme « Un étudiant, un ordinateur ». Par cette décision, l'ex-responsable dénonce une démarche qu'il juge partiale et politiquement orientée, tout en réaffirmant son attachement aux principes de redevabilité républicaine.
Une remise en cause de l'impartialité parlementaire
Dans une correspondance adressée au président de la commission, Cheikh Oumar Hann justifie son absence par une exigence de décence institutionnelle. Il pointe du doigt la composition de l'organe de contrôle, visant nommément certains députés dont les comportements passés, notamment des incidents survenus dans l'hémicycle en 2022, seraient incompatibles avec une mission d'enquête objective. Selon l'ancien ministre, les accusations publiques proférées par certains membres de la commission à l'encontre de l'exécutif précédent, sans fondement judiciaire, disqualifient la sérénité nécessaire à ces travaux.
Le refus d'un contrôle perçu comme sélectif
Loin de rejeter le principe même du contrôle parlementaire, l'ancien maire et député dénonce ce qu'il qualifie de « procès en sorcellerie ». Il estime que la commission s'inscrit dans une logique de règlement de comptes visant spécifiquement les anciens dignitaires du régime précédent. Pour lui, la transparence doit être globale et ne pas se limiter à des cibles choisies, soulignant que les documents relatifs à la convention et aux procédures du programme « Un étudiant, un ordinateur » sont déjà accessibles pour permettre aux députés d'exercer leur mission d'information.
Appel à une transparence élargie des finances publiques
En guise de riposte, Cheikh Oumar Hann exhorte la majorité actuelle à appliquer les mêmes standards de rigueur à sa propre gestion. Il a dressé une liste de dossiers financiers qu'il juge prioritaires pour un examen parlementaire, incluant les dépenses de fonctionnement de l'Assemblée nationale, l'achat de véhicules officiels, ainsi que la gestion de fonds publics dédiés aux victimes des troubles sociaux de 2021-2024 et aux sinistrés des inondations dans les régions de Bakel, Matam et Podor. Il mentionne également l'affaire ASER, portant sur 37 milliards FCFA, et le fonds Jamm pour la Casamance comme des sujets nécessitant une attention particulière des élus.