L'ancien ministre et maire de Ndioum, Cheikh Oumar Anne, a officiellement décliné l'invitation de la commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur le programme « Un étudiant, un ordinateur ». Par cette décision, il soulève un débat crucial sur les limites et l'impartialité des mécanismes de contrôle parlementaire au Sénégal, tout en réclamant une équité dans l'examen de la gestion des affaires publiques.
Une remise en cause de l'impartialité parlementaire
Dans un courrier adressé à la commission, Cheikh Oumar Anne justifie son absence par des impératifs de « décence républicaine » et de légitimité. Il accuse l'organe parlementaire de mener une « stigmatisation sélective » visant spécifiquement les anciens membres de l'administration précédente. Selon l'ancien ministre, le contrôle parlementaire risque de dévier de sa mission première pour devenir un instrument de règlement de comptes politiques, une pratique qu'il juge incompatible avec les exigences de justice et de transparence.
L'appel à une reddition des comptes élargie
Loin de rejeter le principe de la redevabilité, l'ancien ministre plaide pour une transparence globale qui ne se limiterait pas aux seules actions de l'ancienne équipe dirigeante. Il suggère que l'Assemblée nationale devrait également soumettre sa propre gestion à un examen rigoureux. À cet effet, il liste plusieurs dossiers qu'il juge prioritaires, notamment l'acquisition des véhicules parlementaires, la gestion des fonds destinés aux victimes des troubles sociaux entre 2021 et 2024, ainsi que les aides allouées aux sinistrés des inondations.
Le débat sur la méthodologie d'enquête
Au-delà des griefs politiques, Cheikh Oumar Anne pointe du doigt la méthodologie adoptée par la commission. Il soutient que les parlementaires auraient pu initier leurs travaux par une analyse approfondie de la documentation technique et administrative déjà disponible concernant le programme des ordinateurs. Pour l'ancien ministre, cette approche aurait permis d'asseoir les débats sur des bases factuelles plutôt que sur des procédures qu'il qualifie de « procès en sorcellerie ». Il réitère enfin son attachement au contrôle parlementaire, à condition que celui-ci garantisse une égalité de traitement entre tous les acteurs de la vie publique.