Le maire de Mbour, Cheikh Issa Sall, a lancé un appel solennel à la démission des députés de la majorité, les accusant d’incompétence et de violations constitutionnelles, dans un contexte où les tensions institutionnelles s’intensifient au Sénégal.
Des critiques cinglantes sur la gestion parlementaire
Cheikh Issa Sall n’a pas mâché ses mots lors d’une intervention publique à Dakaractu Mbour, qualifiant les députés de la majorité de « nullards » et d’« incompétents ». Ses reproches portent notamment sur des initiatives parlementaires ayant soulevé des difficultés constitutionnelles, jugées insuffisamment préparées sur le plan juridique. Le maire de Mbour a pointé du doigt l’absence d’examen approfondi des textes avant leur adoption, alors que le Conseil constitutionnel est déjà saisi par l’opposition sur des questions sensibles, comme la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale.
Une demande de démission collective pour un retour devant les électeurs
Face à ces manquements, Cheikh Issa Sall a exigé la démission collective des députés concernés, les invitant à « retourner devant le peuple » pour y être jugés. Selon lui, cette démarche permettrait aux électeurs de se prononcer sur leur bilan et leur légitimité, dans un contexte où la confiance dans les institutions est ébranlée. Ses propos s’inscrivent dans une critique plus large du fonctionnement des institutions sénégalaises, où les dysfonctionnements institutionnels sont de plus en plus visibles.
Ousmane Sonko et les fonds spéciaux : un double discours dénoncé
Le maire de Mbour a également critiqué Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, sur sa gestion des fonds spéciaux. Il lui reproche d’avoir adopté une posture différente depuis son arrivée au pouvoir, après avoir critiqué ce mécanisme dans l’opposition. Cheikh Issa Sall a aussi dressé un bilan sévère de la trajectoire politique de Sonko, estimant que les affrontements des dernières années ont ralenti le fonctionnement du pays. À l’inverse, il a salué la volonté de Bassirou Diomaye Faye de privilégier l’action gouvernementale, citant l’emploi, les infrastructures et l’amélioration des conditions de vie comme priorités.
Un débat sur la place du Parlement dans la décision publique
Les critiques de Cheikh Issa Sall rejoignent celles d’autres figures politiques, comme Abdou Aziz Diop, qui dénonce un « désordre institutionnel » et un télescopage entre les rôles de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Thierno Alassane Sall, quant à lui, a dénoncé un Parlement vidé de son rôle, alimentant les interrogations sur la solidité du contrôle exercé par les institutions. Ces prises de position soulèvent une question centrale : dans quelle mesure les institutions sénégalaises peuvent-elles garantir une gouvernance efficace et transparente ?